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Serviteur souffrant

Homélie du mercredi 5 avril 2023 (Is 50, 4-9)


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Lecture du livre du prophète Isaïe


Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples,

pour que je puisse, d’une parole,

soutenir celui qui est épuisé.

Chaque matin, il éveille,

il éveille mon oreille

pour qu’en disciple, j’écoute.

Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille,

et moi, je ne me suis pas révolté,

je ne me suis pas dérobé.

J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient,

et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe.

Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats.

Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ;

c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages,

c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre :

je sais que je ne serai pas confondu.

Il est proche, Celui qui me justifie.

Quelqu’un veut-il plaider contre moi ?

Comparaissons ensemble !

Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ?

Qu’il s’avance vers moi !

Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ;

qui donc me condamnera ?


– Parole du Seigneur.



Homélie


En première lecture, nous avons entendu la parole d’un homme mystérieux dont le peuple hébreu a gardé la mémoire. Bien que l’on ne connaisse pas son nom, cet homme est une figure centrale de l’Ancien Testament parce que, d’après les témoignages, il a guéri une multitude d’hommes et de femmes. Avant lui, il y avait bien eu des guérisseurs et des thaumaturges en Israël, mais leurs miracles étaient ponctuels. Et surtout, ils ne parvenaient pas à toucher le cœur de leurs semblables.


Cette grande figure de l’Ancien Testament, nous avons pris l’habitude de l’appeler “le serviteur souffrant”. Car on raconte que cet homme a été condamné injustement et que, plutôt que de se rebeller, il a accepté son triste sort et qu’il est mort en offrant sa vie pour ses persécuteurs et pour l’humanité tout entière :


“Moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats”.


L’exemple de cet homme semble avoir bouleversé le cœur de ceux qui ont été témoins de sa souffrance et de l’offrande qu’il faisait de lui-même. Avec le serviteur souffrant, nous sommes en présence d’un homme qui dessille les yeux d’une multitude, en retournant de l’intérieur ceux qui avaient applaudi à sa condamnation :


“Les multitudes de nations seront dans la stupéfaction” pour avoir vu cela (Is 52, 15). Illuminés de l’intérieur, ceux qui avaient assisté à sa condamnation reconnaissent que “le châtiment qui nous vaut la paix était sur lui” (Is 53,5) et que c’est “nos douleurs dont il était chargé”.


Bien sûr, pour nous chrétiens, cette figure emblématique du livre d’Isaïe n’est autre que le Christ. Le Christ annoncé dans sa passion, des siècles avant son incarnation.


Vendredi, nous entendrons un extrait des “chants du serviteur souffrant”. Une plainte que Jésus connaît pour l’avoir priée à la synagogue et qui maintenant devient la sienne. Aujourd’hui, Jésus nous expose la raison pour laquelle il se laisse “mener comme un agneau à l’abattoir” (Is 53, 7). Comme il est écrit, sa motivation est celle de la compassion : “Il fallait que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, le Seigneur mon Dieu m’éveille pour qu’en disciple, j’écoute la plainte [des hommes]. Le Seigneur Dieu m’a ouvert l’oreille” et moi, je ne me suis pas dérobé à la souffrance de l’humanité. Ainsi, j’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient.


Cette explication de texte, c’est Jésus qui nous explique ce qu’est la compassion. Rejoindre l’autre dans sa souffrance et communier à sa peine. C’est le mystère de l’amour quand il continue de se donner dans l’épreuve. C’est le ciment de la fidélité. C’est la beauté de l’Alliance que Dieu a tissée avec l’humanité en Jésus-Christ. Il nous est simplement demandé de rendre grâce et la semaine sainte nous est donnée pour cela.


Amen.


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