Plonger en Dieu

Homélie du mercredi 6 mai 2020 (Jn 12, 44-50)



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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


En ce temps-là, Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ; et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour. Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Jésus vit uni à son Père. Il vit en intimité avec lui. Il explique qu’il "demeure" en lui et lui en son Père. "Ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit" (Jn 14, 50).


Un jour, à Philippe qui semble ne rien comprendre (Jn 14, 9-10), Jésus développe sa pensée : "Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres". Ainsi Jésus se définit comme l’envoyé du Père : il agit en son nom, il vit de sa vie. Et tous deux ne font qu’un (Jn 10, 30).

C’est cette profonde intimité que Jésus nous propose, cette intériorité. Une intériorité qui désigne bien plus que les sentiments ; elle est le lieu secret où habite la vérité. Là où demeure Dieu. C’est là que Jésus nous conduit. Saint Augustin, à la recherche de Dieu, dira dans ses Confessions (III, 6, 11) cette parole célèbre : "Mais toi (Dieu), tu étais plus intime que l'intime de moi-même et plus élevé que les cimes de moi-même". C’est à cette profondeur (et, en même temps, à cette hauteur) que Jésus nous propose d’être uni à lui ; et en étant uni à lui, de l’être à son Père. C’est pourquoi il dira de nous, dans sa grande prière à son Père : "Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN" (Jn 17, 22). Voilà la mission véritable de Jésus : nous faire connaître son Père comme lui le connaît. Connaître au sens biblique du terme, bien sûr, c'est-à-dire "être unis", ne faire plus qu’un. "Toi en moi et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi…" (Jn 17,21).

Jésus nous veut donc unis en lui parce que c’est la volonté de son Père. Unis ou greffés : il utilise aussi cette image. "Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5). Finalement, cette intimité, c’est le mystère même de la Trinité dans lequel il nous propose d’entrer ! Et entrer dans ce mystère, on le comprend bien, c’est entrer dans la vie de Dieu, c’est "naître d’en-haut" ou renaître (comme le dit Jésus à Nicodème en Jn 3, 1), c’est devenir "Fils de Dieu". Cela nous dépasse complètement, bien que nous en ayons une bonne intuition à chaque fois que nous agissons par amour. Ainsi, Jésus voudrait pouvoir habiter notre vie, faire de nous sa demeure, pour nous apporter cette vie qui ne finit pas. Il ne peut que le vouloir, parce qu’il lui faut notre accord. Pour cela, il nous faut croire en lui. Jésus n’est pas un voleur ! Il n’escalade pas par un autre endroit (Jn 10, 1), il entre par la porte. Notre accord sera donc de lui ouvrir notre cœur, de croire qu’il vient chargé de bonnes intentions : "Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance" (Jn 10, 10). De croire à sa Parole. D’y croire, c'est-à-dire d’essayer de la vivre, de la mettre en pratique. "Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure" (Jn 14, 23). Si nous croyons en lui, alors il fait chez nous sa demeure. Et l’Eucharistie en est le plus bel exemple. En mangeant son Corps, nous passons par cette porte qui conduit au Père. Nous entrons dans la plus grande intimité qu’il puisse nous offrir.

Toujours Jésus agit pour son Père. Uni à lui, il ne fait rien de lui-même (Jn 5, 30). Mais il est venu faire la volonté de Celui qui l’a envoyé. Ainsi, celui qui le voit, voit son Père qui l’accompagne partout dans sa mission (Jn 12, 45). Peut-être comprenons-nous mieux ce que Jésus dit à propos du jugement. S’il est le chemin qui conduit au Père (Jn 14, 6), si pour aller au Père il faut passer par lui, alors celui qui refuse de croire en lui, qui refuse de prendre ce chemin, celui-là s’égare. Il va même à sa perdition (Mt 7, 13) ! Parce qu’il se condamne lui-même. Ce n’est pas Jésus qui le condamne, c’est celui qui refuse de croire qui se condamne lui-même à ne pas connaître la vie, il refuse le chemin qui mène à la vie véritable. Jésus est très clair : "Je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver" (Jn 12, 47). Sauver, et non pas condamner. Mais Jésus, je le redis, ne peut obliger personne. Il ne peut pas sauver celui qui refuserait de l’être ! "Ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit." "Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé." Seigneur donne-nous d’entrer toujours davantage en intimité avec toi. Et que le désir de l’Eucharistie que tu fais naître en nous, en soit le chemin.

Amen.


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