Mon Esprit en vous

Homélie du dimanche 3 avril 2022 (Jn 11, 3-45)




Évangile de Jésus-Christ selon Saint Jean


Il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »


En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »


Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »


Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »


À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.


Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »


Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »


Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.


Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »


Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre.


Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Un récit difficile pour moi. Je me demande comment tout cela est possible ? Je cherche encore ! Mais ce récit tout à fait étonnant, choisi pour le troisième scrutin des catéchumènes Aurélie et Stella, apporte un vrai éclairage sur Jésus. Il vient donc nourrir notre foi.


Le prophète Ézéchiel affirme que Dieu promet de nous faire sortir de l'emprise de la mort, « d'ouvrir nos tombeaux », pour nous donner sa vie, pour nous donner son Esprit.

Car c'est l'Esprit du Seigneur qui fait vivre, et c'est le péché qui conduit à la mort.


Le péché nous fait descendre jusque dans ces profondeurs où réside l'obscurité et la mort !

Nous en faisons parfois l'expérience, hélas !

Mais heureusement, il existe une puissance de vie capable de vaincre la mort et de nous sauver.

Celle-là aussi nous avons pu l'approcher à tel ou tel moment, peut-être ?

En tout cas, c'est à tous que Jésus vient la manifester : par sa mort et sa résurrection.

Mais pour comprendre cela, pour comprendre ce mystère, il faut croire !

Car, ici, il s'agit encore de l'Esprit, de la puissance de son Esprit, de cet Esprit dont parlait déjà Ézéchiel quand il prophétisait :

« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; (…) et vous saurez que je suis le Seigneur ».

« Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ». Voilà la grâce.


C'est ce même Esprit que nous recevons à notre baptême comme dans tous les sacrements.

C'est extraordinaire. C'est l'œuvre du Seigneur.

Jésus le dit à Nicodème, cet Esprit nous donne de « naître d'en-Haut » (Jn 3, 8).

Comment ? Pourquoi ? Est-ce possible ?

C'est un souffle de vie dont on entend la voix, mais dont on ne « sait ni d'où il vient, ni où il va » !


Par cet Esprit, nous devenons chrétiens. Car c'est Lui qui nous donne de reconnaître Dieu comme notre Père, et Jésus comme son Fils. Il nous fait entrer dans le mystère de la Trinité.

Voilà ce que fait notre baptême. Il nous fait entrer dans la vie même de Dieu.

C'est ce qu'on appelle la grâce !


Alors, maintenant, regardons de plus près ce texte.

On aurait pu penser que Jésus ressuscite Lazare pour la simple raison qu'il l'aime énormément, ou bien pour faire plaisir à Marthe et Marie, ou bien encore parce qu'on le lui aurait demandé…

Eh bien, non ! Jésus pose ce septième signe, et ce sera le dernier de l’Évangile de Jean, après ceux de Cana, de la marche sur les eaux, ou de la guérison de l'aveugle-né, etc…

Il pose ce dernier signe toujours pour la même raison, pour inviter les témoins de l'événement à croire en lui, pour inviter les gens à reconnaître la gloire de Dieu à travers chacun de ces signes.


Dans notre texte, Jésus dit à propos de Lazare : « Cette maladie (…) est pour la gloire de Dieu ».

Et à Marthe devant le tombeau, il lui dit : « Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

Il lui avait déjà dit : « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. »

Jésus nous invite toujours à croire.


Trois fois le texte nous rapporte que Jésus aurait pu empêcher Lazare de mourir.

Mais Jésus attend que Lazare meure, car il veut non seulement montrer qu'il est capable de guérir, il veut aussi manifester qu'il peut redonner la vie à celui qui est mort… puisqu'il est la vie. Saint Irénée dira :

« La gloire de Dieu c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est de voir son Dieu. »


Ainsi, après avoir vu Jésus se présenter à nous comme la source d'eau vive avec le récit de la Samaritaine, ou bien comme la lumière véritable, avec l'aveugle-né, le voilà aujourd'hui qui apparaît comme celui qui donne la vie.

Arriverons-nous à dire à la suite de Marthe : Oui, Seigneur, je crois que tu es la résurrection et la vie. « Tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ».

Oui, je le crois, par la grâce de notre baptême.

Le baptême apporte l'eau vive.

Le baptême apporte la lumière.

Il apporte aussi la vie même de Dieu. Il apporte l'Esprit.


Amen.

31 vues

Le blog paroissial

Favicon