Moindres qu'un Dieu ?

Homélie du jeudi 21 avril 2022 (Ps 8)




Psaume 8


À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,

la lune et les étoiles que tu fixas,

qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,

le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?


Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,

le couronnant de gloire et d’honneur ;

tu l’établis sur les œuvres de tes mains,

tu mets toute chose à ses pieds.


Les troupeaux de bœufs et de brebis,

et même les bêtes sauvages,

les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,

tout ce qui va son chemin dans les eaux.



Homélie


Quelques mots ce matin sur le psaume que nous venons d’entendre, le psaume 8. Le psalmiste médite sur la grandeur et la beauté de la création. Se sentant tout petit, il s’exclame devant Dieu : “Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?”


Il le dit avec la conviction que Dieu s’intéresse à l’homme et lui donne beaucoup : “Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur”...


C’est ce “un peu moindre qu’un Dieu” sur lequel je voudrais m’arrêter quelques instants. Car le projet de Dieu va bien au-delà…


Le salut que Dieu veut pour l’homme tient en deux mots : la rédemption et la divinisation. La rédemption, c’est être sauvés du péché et de la mort. La divinisation, c’est être rendus en tout point semblables à Dieu. Non pas “un peu moindre qu’un Dieu” mais “pareil à Dieu”.


C’est vertigineux. Le projet de Dieu, c’est de nous intégrer à la vie trinitaire, dans une communion parfaite de vie et d'amour. Le projet de Dieu, c'est que nous devenions un jour ce que Dieu est depuis toujours : Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu.


Si le projet de Dieu se réalise bel et bien en nous, la vie divine nous habitera comme elle habite le Christ aujourd’hui : sans réduction. Nous serons pour le Père d’autres Fils, certes adoptifs mais jouissant des mêmes prérogatives divines, dans la plénitude de l’Esprit Saint.


De la même manière, nous continuerons de partager avec Jésus la même humanité, blessée mais glorifiée. Comme lui, nous hériterons au Ciel de notre corps ressuscité, un corps transfiguré pour la vie éternelle.


En contemplant dans l’Évangile de ce jour les premières apparitions du ressuscité, nous méditons non seulement sur la victoire du Christ mais sur notre propre salut, celui qui nous est annoncé, manifesté et promis par le Sauveur. Regarder le Christ après la nuit de Pâques, c’est nous regarder nous, tels que nous serons quand toutes choses seront accomplies en notre propre chair.


Profitons de ces cinquante jours de Pâques pour nous réjouir profondément de l'accomplissement de la promesse. Et, comme nous y invite Saint Paul, vivons déjà en ressuscités !


Amen.


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