Ma joie de ravi
- Père Etienne Maroteaux

- 19 déc.
- 2 min de lecture
Devenir "tout-petit" avec le tout-petit de la crèche

Un vent de panique souffle sur les santons de la crèche. Le bruit court que peut-être la crèche restera dans un carton à prendre la poussière ; certains disent qu’on nous interdira de trouver place dans les rues de la ville et que nous trouverons seulement place dans les Eglises et les lieux privés. Quant à moi, le Ravi de la crèche, cela ne me ravit évidemment pas ; pis encore cela me fait perdre ma joie légendaire. A en baisser les bras.
Où donc le nouveau-né, l’enfant Jésus va-t-il donc trouver refuge ? Comment celui qui est La lumière peut-il rester sous le boisseau, certes bien au chaud, mais dans un carton ? Faudra-t-il se contenter de parler des fêtes de l’hiver et non plus des fêtes de Noël ?
Brrr ! Me dis-je en m’emmitouflant, cela me fait froid dans le dos. Fêter l’hiver n’a rien de réjouissant. Alors que fêter une naissance, quelle joie ! Et ce n’est pas n’importe quelle naissance, celle d’un nouveau-né qui est le Sauveur. C’est de cette joie contagieuse qu’on veut nous priver ? Que vont faire les bergers ? Où vont errer les mages ? Et Marie et Joseph ? Et les anges, vont-ils se taire ? Et le curé, que va-t-il pouvoir contempler ? Et le tambourinaire, que va-t-il annoncer ? Et tous les confrères de la crèche vont-ils passer leur temps en boîte ?
Tout cela tournait dans ma tête, sans que je trouve une solution à cette mise en boîte. En un éclair me revint la Lumière. Je me rendis compte qu’à force de lever les bras, je les avais baissés et me suis assoupi dans un mauvais cauchemar. Ma joie s’était refermée en même temps que mes yeux.
En fait, je suis bien devant le petit enfant Jésus qui fait toute ma joie.
Ouf ! La crèche est bien lumineuse, joyeuse, animée, bruissant de tous les sourires partagés devant l’allégresse des enfants petits et grands qui viennent nous visiter. Enfin… Je dois rester modeste, c’est Le petit de la crèche qu’ils viennent contempler et chanter.
Ouf ! Les cadeaux partagés retrouvent leur sens devant le cadeau immense que Dieu nous fait. Ouf ! le repas de fête a un sens, puisqu’il nous unit à la joie des anges.
Tout est bien qui finit bien. Je reste les bras levés vers le Ciel ; c’est ma mission modeste de petit santon. Et surtout ne croyez pas ceux qui me prennent pour un simplet. Ils n’ont pas compris que si je suis le ravi, c’est parce qu’il m’a été révélé ceci : ma mission, la voici : devenir « tout-petit » avec le tout-petit de la crèche, Jésus, et partager ma joie à l’unisson avec les anges et les enfants qui accourent à la crèche.
DANS LA JOIE DE LA VENUE DE L'ENFANT DIEU !
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