Les Béatitudes
- Père François Méry

- 4 févr.
- 3 min de lecture
Homélie du 1er février 2026, 4ème dimanche du temps ordinaire (Mt 5, 1-12a)

Nous voici devant l’un des plus grands textes de l’Évangile : le texte des Béatitudes. Des foules sont venues de loin pour rejoindre Jésus. Elles viennent de partout. Elles ont gravi la montagne avec lui afin d’écouter son enseignement. Elles suivent Jésus parce qu’il les rejoint dans leur vie en proclamant l’Evangile du Royaume. Ses paroles réveillent l’espérance et portent une promesse de bonheur.
Il leur dit : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux. »
C’est sans doute pour cela que les Béatitudes sont souvent choisies lors des funérailles.
Elles disent quelque chose de beau et de vrai sur la personne défunte, et elles ouvrent un avenir et même une récompense, nous dit Jésus.
Comme nous l’avons vu à "l’école du dimanche", Dieu « a librement créé l’homme pour le faire participer à sa vie bienheureuse » (CEC 1). Il veut que nous soyons heureux. Il « ne cesse d’appeler l’homme à Le chercher pour qu’il vive et trouve le bonheur ». (CEC 30).
Et « pour que cet appel retentisse par toute la terre », Dieu a envoyé son Fils Jésus.
Ceux qui ont entendu son appel et « y ont librement répondu, ont été à leur tour pressés par l’amour du Christ d’annoncer partout dans le monde la Bonne Nouvelle ». (CEC 3)
Sophonie, dans la 1ère lecture, proclamait déjà : « Cherchez le Seigneur… cherchez la justice, cherchez l’humilité… »
Tout au long de l’histoire des hommes, Dieu va ainsi manifester sa présence, sa grâce par l’intermédiaire des plus petits pour que nous comprenions que tout vient de lui. Et que c’est Lui, en fait, qui donne le bonheur. Saint Paul nous le rappelle : ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi.
Le bonheur ne vient donc pas de la puissance humaine, mais de Dieu. Les hommes recherchent les honneurs et la richesse. Dieu, lui, aime les humbles et les pauvres de cœur. Il n’hésite pas à confier sa joie à des handicapés mentaux ou à des personnes plus fragiles pour qu’ils la transmettent !
Sa logique n’est pas la nôtre. Ses critères de bonheur sont bien différents des nôtres ! « Heureux ceux qui pleurent, heureux les doux, heureux les pauvres de cœur, heureux ceux qui sont persécutés pour la justice… » Voilà ce qu’il proclame à qui veut bien l’entendre.
Neuf fois, Jésus proclame ce mot : « Heureux ». Mardi dernier, lors de l'enterrement de Madame Chantal Roggia, l’un de ses fils disait que ce qu'il aimait dans ce texte, c'était cette répétition du mot « heureux. André Chouraqui traduit ce mot « heureux » par « en marche ».
Les Béatitudes interrogent nos critères de bonheur et notre manière de vivre pour nous remettre correctement « en marche », car nous faisons souvent fausse route. Nous voulons fabriquer le bonheur par nos propres forces, alors qu’il se reçoit. Ni l’argent, ni l’intelligence, ni la réussite ne donnent le bonheur. Nous qui sommes les disciples du Christ, croyons-nous cela ?
Le bonheur, comme la vie, la joie, la paix est un don. Il se reçoit de Dieu et souvent à travers les autres, en particulier les plus pauvres. La foule qui vient à Jésus le sait. Elle le croit. Elle reconnaît sa pauvreté, elle espère être relevée, guérie, consolée. Et elle a raison, car c’est ce qui va se passer.
Alors, en ce dimanche, la Parole de Dieu nous invite une nouvelle fois à une conversion du regard. Être pauvre de cœur, doux, artisan de paix, avoir faim et soif de justice : ce n’est pas fuir le monde, c’est l’habiter autrement. C’est choisir de faire confiance à Dieu. Je le redis : le bonheur est une promesse que Dieu nous fait. Il est possible, même au cœur des épreuves, parce que Dieu marche avec nous. Il est auprès de nous. (C’est ce que la composition florale essaie d’exprimer : Branchages nues = épreuves et difficultés. Jonquilles au milieu = le Seigneur vient nous donner les Béatitudes.)
Alors, marchons, marchons encore, marchons plus loin en regardant le Christ. La vie heureuse, c’est d’aimer comme Jésus a aimé. Et sa joie sera la nôtre.
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