Le vrai chemin du bonheur

Homélie du dimanche 28 février 2021 (Mc 9, 2-6)




Évangile de Jésus Christ selon saint Marc


En ce temps-là,

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean,

et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne.

Et il fut transfiguré devant eux.

Ses vêtements devinrent resplendissants,

d’une blancheur telle

que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.

Élie leur apparut avec Moïse,

et tous deux s’entretenaient avec Jésus.

Pierre alors prend la parole

et dit à Jésus :

« Rabbi, il est bon que nous soyons ici !

Dressons donc trois tentes :

une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

De fait, Pierre ne savait que dire,

tant leur frayeur était grande.

Survint une nuée qui les couvrit de son ombre,

et de la nuée une voix se fit entendre :

« Celui-ci

est mon Fils bien-aimé :

écoutez-le ! »

Soudain, regardant tout autour,

ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.


Ils descendirent de la montagne,

et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu,

avant que le Fils de l’homme

soit ressuscité d’entre les morts.

Et ils restèrent fermement attachés à cette parole,

tout en se demandant entre eux ce que voulait dire :

« ressusciter d’entre les morts ».


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


En ce temps de carême, en ce temps privilégié, Dieu veut se révéler à nous tel qu'il est depuis toute éternité.

Ainsi, il y a huit jours, nous avons découvert que la Bonne Nouvelle est compassion.

Si Dieu nous aime sans conditions, c'est parce que nous sommes ses enfants.

Et cette raison est suffisante ! Il n'y en a pas d'autres.

Tout le reste ne tient pas, et s'efface devant cette réalité : nous sommes ses enfants bien-aimés.


C'est pourquoi Dieu est prêt à tout pour nous.

C'est pourquoi il envoie son Fils au milieu de nous : par amour pour nous, par compassion.

Si Abraham est une bénédiction pour toutes les nations, Jésus l'est bien plus encore !


Nous parlions aussi, dimanche dernier, de l'Alliance : ce lien indestructible qui nous lie au Seigneur.

Et nous entendions Dieu dire à Noé : plus jamais je ne détruirai.

L'arc-en-ciel, à chaque fois qu'il apparaîtra dans le ciel, nous rappellera cette promesse de Dieu.


Dieu s'est ainsi lié d'amour avec nous… avec tous les hommes. Pour toujours.

Nous sommes ses enfants. Voilà la bonne nouvelle.

Il aura toujours un regard compatissant envers nous, capable de nous comprendre et de nous aimer malgré tout. Il viendra toujours à notre aide quand nous l'appellerons.

Il ne sera jamais notre accusateur ou notre adversaire.

"Dieu est celui qui nous rend juste : alors, qui pourra condamner ?" dit Paul (Rm 8)

"Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?"

C'est du démon dont nous avons à nous méfier, pas de Dieu !

Le carême est là pour nous le rappeler, pour nous aider à croire toujours davantage à cette bonne nouvelle que Dieu est plein de compassion, qu'il prend pitié de nous, et veut nous donner le meilleur.

C'est pourquoi il nous invite par tous les moyens à agir comme lui-même agit ; à devenir nous-mêmes hommes de compassion, car la compassion est le chemin du vrai bonheur.

La compassion est Evangile. Allons-nous oser vivre cet Evangile-là ?

Cela nous demande beaucoup d'efforts. Jésus nous encourage, et il proclame partout :

"Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle."


La compassion et l'Alliance, comme expressions de la bonne nouvelle, nous ont donc été dévoilées tout au long de cette première semaine de carême. Et ça va continuer jusqu'à Pâques.


Aujourd'hui, nous entendons parler de "bénédiction" ; de bonnes choses qui arrivent quand on écoute le Seigneur, quand on croit en Lui, quand on le fréquente.

Elles sont tout simplement les conséquences de l'Alliance et de l'amour de Dieu.


Dieu est celui qui apporte la vie.

Il donne. Il donne tout ce qu'il peut donner pour donner la vie à l'homme.

Il va jusqu'à donner son fils.

Par compassion.


Les hommes, aveugles, égoïstes, orgueilleux, vont vouloir rejeter Jésus. Le tuer, même.

Et devant la violence de la Passion, j'entends déjà certains accuser Dieu d'avoir voulu faire subir une telle horreur à son Fils, de l'avoir sacrifié comme Abraham a voulu le faire pour son fils Isaac…

Ceux-là, je les entends dire : mais est-ce cela l'amour ?

Mais ne voient-ils pas ? Ne comprennent-ils pas ?

Dieu, en fait, a sauvé Isaac de la mort !

Et en rejetant le sacrifice d'Abraham, il a délivré définitivement les hommes de cette fausse idée de croire qu'il voudrait des sacrifices, et même des sacrifices humains, pour satisfaire ses désirs et être favorable aux hommes !

Non, Dieu n'a pas besoin de nos sacrifices pour nous aimer !

Car nous sommes ses enfants, ses bien-aimés !

Combien de fois faudra-t-il le dire et le redire ?

Il n'est pas le Dieu de la mort, mais de la vie.

C'est à la foi qu'il nous appelle. A la compassion… Pas aux sacrifices !

Faisons un effort ! Et regardons bien : il sauve la vie d'Isaac.

Faisons encore un effort et regardons bien : il rend la vie à son fils, à son "bien-aimé", sans punir ni condamner personne ! Car nous sommes tous ses enfants bien-aimés.

Saint Paul le dira par cette formule : "Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité…"


Ainsi la Passion est compassion.

Compassion de Jésus qui accepte de mourir pour nous.

Pour que la gloire de son Père soit connue.

Pour que nous soyons transfigurés, illuminés, régénérés par cet acte d'amour.


L'Incarnation et la Résurrection sont elles aussi œuvres de compassion de Dieu.

De Dieu qui pardonne aux hommes et les sauve en les aimant. L'Evangile est compassion.


Alors, "marchons en présence du Seigneur sur la terre des vivants" (Cf. Psaume).

Soyons des artisans de la compassion ; de vrais disciples de Jésus.

Croyons que le nom de Jésus est pour tous une bénédiction : il intercède pour nous auprès de son Père.

Et en lui, écoutons cette voix nous dire : "tu es mon fils bien-aimé".

Convertissons-nous et croyons à la Bonne Nouvelle.

Demandons-lui cette grâce.


Amen.


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