Homélie du jeudi 21 octobre 2021 (Lc 12, 49-53)




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc


En ce temps-là,

Jésus disait à ses disciples :

« Je suis venu apporter un feu sur la terre,

et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Je dois recevoir un baptême,

et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !

Pensez-vous que je sois venu

mettre la paix sur la terre ?

Non, je vous le dis,

mais bien plutôt la division.

Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :

trois contre deux et deux contre trois ;

ils se diviseront :

le père contre le fils

et le fils contre le père,

la mère contre la fille

et la fille contre la mère,

la belle-mère contre la belle-fille

et la belle-fille contre la belle-mère. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


L’évangile de ce jour nous donne la perception que Jésus avait de sa propre mission. Cela tient en trois paroles.


La première évoque le feu : “Je suis venu apporter un feu sur la terre !” Chez les anciens prophètes d'Israël, le feu évoquait le jugement de Dieu dans les derniers temps du monde. Mais pour Jésus, il s’agit d’un autre feu : celui de l’Esprit Saint qui réchauffe les cœurs, illumine nos existences et nous fait brûler de charité pour ceux qui nous entourent.


“Comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !” dit Jésus. Ce désir de Jésus, nous avons à l'entendre encore aujourd'hui et à y répondre personnellement, car le feu de l’Esprit Saint couve en nous depuis que le Père a posé sur nous, au baptême, le sceau de son Esprit. Il couve en nous, mais il s'assoupit comme tous les feux qu'on abandonne. C'est pourquoi aujourd'hui la parole de Jésus veut nous réveiller: "Je voudrais te savoir ardent, fervent comme la braise, actif comme la flamme, toujours impatient de te donner !”


La deuxième image, c’est celle de l’eau : “Je dois recevoir un baptême,

et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !” Ici, la plongée que Jésus regarde en face, c'est une immersion dans la souffrance, celle de sa Passion à venir. Il sait que les grandes eaux de la mort vont l'engloutir, lui, le Juste, et il a hâte que ce nouveau baptême soit accompli. Jésus ne dit pas : "Qu'on en finisse tout de suite !" Il dit : “J’ai hâte de traverser cette peine, car elle sera semence de vie et de résurrection pour tous. Parce que sa mort va donner sens à la vie de tous les hommes, en nous ouvrant les portes de la vie éternelle.


Ainsi Jésus est-il conscient que pour allumer sur la terre le feu de l'Esprit Saint, il doit passer lui-même par le baptême des souffrances.


Et nous, ses témoins, nous avons aussi notre part d'épreuves. C'est ainsi que l'on peut comprendre la troisième parole mystérieuse de Jésus: "Pensez-vous que ce soit la paix que je suis venu mettre sur la terre? Non, je vous le dis, mais plutôt la division."


Là encore, entendons bien le langage paradoxal de Jésus. Lui qui a proclamé: "Heureux les artisans de paix", lui "qui est notre paix" (Ep 2,14), il ne nous dit pas aujourd'hui: "Je veux la brouille dans les familles, je veux l'incompréhension entre les générations". Il annonce que la fidélité à son Évangile conduira ses disciples à être incompris et rejetés, parfois même de ceux qui leur sont les plus chers. Ainsi, à l'engagement du Christ jusqu'à la Croix pour le salut des hommes devra répondre le courage des baptisés pour témoigner de lui jusque dans la vie familiale. Et l'une des plus belles victoires d'un chrétien ou d'une chrétienne sera d'apporter la paix de Jésus même dans une famille divisée, même dans une communauté visitée par l'épreuve. Que Dieu nous garde dans sa paix.


Amen.

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