La vigne et les vignerons

Homélie du vendredi 13 mars 2020 (Mt 21, 33-43.45-46)



Vous connaissez l’interprétation classique de cet évangile. La vigne représente le peuple élu qui a été confié par Dieu aux grands prêtres et aux anciens du peuple (Is 5, 1s). Mais ces derniers rejettent les prophètes et même le Fils unique de Dieu, qu’ils mettent à mort.


La conclusion de cette parabole est donnée par les grands prêtres eux-mêmes : Dieu est en droit de punir les coupables et de confier à d’autres le soin du peuple élu. Nous pensons bien évidemment aux bons prêtres de Jésus que nous sommes !


J’apprécie une autre interprétation, que je tiens de Saint Jean-Chrysostome. D’après lui, la vigne représente la création toute entière. Cette création que Dieu a façonnée avec amour avant de la confier à l’homme le sixième jour (Gn 1, 28) “pour qu’il la travaille et la garde” (Gn 2, 15).


Dieu peut alors se retirer, “partir en voyage” comme dit la parabole, vraisemblablement pour “se reposer de toute l’oeuvre qu’il avait faite”, comme au septième jour (Gn 2, 2).


Si la vigne est la création, les vignerons sont les hommes. Tous les hommes, chacun de nous y compris. La création nous est donc confiée afin que nous en prenions soin, comme le propriétaire de la vigne en a pris soin avant nous.


Grâce à notre travail, arrive le temps des fruits. Le fruit de la vigne, c’est le vin. Et dans la bible, le vin symbolise habituellement l’amour. Ainsi le produit attendu de la vigne, c’est l’amour que nous devrions manifester à Dieu notre Père, en retour de l’amour qui fut le sien. Amour pour amour. Nous avons reçu de Dieu “la vie, le mouvement et l’être” (Ac 2, 27) et en retour, nous sommes appelés à rendre grâce.


La Liturgie eucharistique nous donne de rendre grâce. C’est là son premier sens. Mais qu’en est-il de nos intentions profondes ? Notre coeur est-il ajusté à cette action de grâce permanente, qui est celle du Fils ? Ou reste-t-il de marbre, indifférent voire violent, comme celui des vignerons de la parabole ?


A la lumière de ce commentaire de Saint Jean Chrysostome, le Carême est le temps favorable pour mesurer notre part d’ingratitude et prier Jésus de nous rendre un coeur éternellement reconnaissant.


Seule la contemplation du Christ livrant sa vie pour nous est en mesure de susciter cet élan. Voici le temps favorable. Amen.


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