L'émondage de la vigne

Homélie du mercredi 12 mai 2020 (Jn 15, 1-8)


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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. » – Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie

Jésus était charpentier, fils de charpentier. Il devait aimer profondément son métier que lui a enseigné Saint Joseph. Mais Jésus s’intéressait aussi à d’autres professions et parmi elles, l’activité de vigneron. Pour Jésus, ce métier évoque la manière dont le Père prend soin de nous, de l’Église, de l’humanité tout entière. Le Père est le vigneron qui émonde la vigne que nous sommes. Au fil de l’histoire de l’Église, les lectures de cet évangile ont varié. Au départ, au temps des premiers chrétiens, on était en temps de persécution. Pendant les trois premiers siècles, on risquait sa vie à se dire publiquement chrétien. Dans ce contexte là, l’émondage de la vigne, c’était le vigneron qui retirait de la vigne celui qui était infidèle, c’est à dire celui qui n’avait pas résisté à rester fidèle au Christ et l’avait renié sous la menace de la persécution romaine. Un lecture un peu dure à entendre car en vérité, Dieu n’arrache pas le pécheur de la communauté croyante, de l’Église, ni même de l’humanité. Il est là, au contraire, pour le secourir, le soutenir plus que pour le condamner et l’arracher de sa main au cep de la vigne. Quelques siècles plus tard, nous sommes dans un contexte de paix. L’interprétation de la parabole change alors. Le vigneron retire en nous ce qui est mauvais, ce qui relève du péché. Une lecture peut-être plus juste. Une partie du travail de la grâce en nous, c’est d'extirper ce qui en nous s’oppose au Christ et à l’Evangile. Nous sommes d’ailleurs à une époque où les chrétiens cherchent à retrouver la ferveur des martyrs des premiers siècles. Pour cela, beaucoup partent au désert explorer ce combat intérieur dans le silence et la solitude, pour se laisser émonder par le travail de la grâce. On sait combien dans nos vies parfois agitées il est souvent difficile de se laisser faire par le Seigneur. Il est bon, parfois, de partir au désert, un peu comme nous tous qui sommes partis au désert en ce temps forcé de confinement. Et puis le temps passe encore, nous sommes à l’époque des mystiques rhéno-flamands, des grands maîtres du Carmel. Eux disent du vigneron que quand il émonde sa vigne, il ne retire pas seulement en nous ce qui est mauvais, ce qui relève du péché, mais il retire aussi des choses bonnes. Cela peut paraître étonnant. Quand nous regardons le travail de la vigne, c’est ainsi : pour que la vigne fasse du bon vin, le vigneron retire des sarments en parfaite santé de sorte qu’il y ait moins de grains sur le cep mais plus de soleil pour les réchauffer. C’est ainsi que l’on parvient à produire un meilleur vin. En moindre quantité, mais bien meilleur.

Pour nous aussi, il en est de même. Dieu le Père nous émonde, il nous enlève parfois de belles choses : des charismes, des aptitudes, des qualités objectives. Cela peut nous déstabiliser, nous étonner profondément mais c’est pour notre bien. Pour que d’autres dispositions jusque-là étouffées puissent croître davantage en nous, selon le projet de Dieu. C’est ainsi que le Seigneur nous donne de porter un fruit meilleur. Un peu comme Saint Paul, un apôtre débordant de talents mais à qui Dieu a appris l’humilité, la pauvreté, la compassion en le privant de qualités sur lesquelles il s’appuyait peut-être trop jusque-là : son éloquence, son autorité naturelle, sa recherche permanente d’efficacité… L’évangile de ce jour nous invite peut-être à repenser à ces qualités, ces bonnes dispositions que nous avons perdues. Peut-être est-ce là l’oeuvre du Seigneur. Puissions-nous discerner comment Dieu est ainsi parvenu à faire de nous un disciple plus humble, plus confiant, plus abandonné. Plus pauvre, certainement. Plus saint, au bout du compte. Amen.

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