Je t'ai vu sous le figuier

Homélie du mercredi 29 septembre 2021 (Jn 1, 47-51)



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


En ce temps-là,

lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui,

il déclara à son sujet :

« Voici vraiment un Israélite :

il n’y a pas de ruse en lui. »

Nathanaël lui demande :

« D’où me connais-tu ? »

Jésus lui répond :

« Avant que Philippe t’appelle,

quand tu étais sous le figuier,

je t’ai vu. »

Nathanaël lui dit :

« Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu !

C’est toi le roi d’Israël ! »

Jésus reprend :

« Je te dis que je t’ai vu sous le figuier,

et c’est pour cela que tu crois !

Tu verras des choses plus grandes encore. »

Et il ajoute :

« Amen, amen, je vous le dis :

vous verrez le ciel ouvert,

et les anges de Dieu monter et descendre

au-dessus du Fils de l’homme. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Quand nous méditons sur l’appel des apôtres, nous éprouvons parfois comme un sentiment de gêne…


André a entendu Jean le Baptiste lui dire : "Voici l'Agneau de Dieu" et hop, il a suivi Jésus. Jésus a dit à Simon : “Tu t'appelleras Képhas, tu seras pêcheur d’hommes”, et le voilà convaincu, à suivre Jésus lui aussi. Matthieu le publicain est interpellé par Jésus à son comptoir de collecteur d’impôts, et il se lève sans terminer son addition.


Et nous, 2000 ans plus tard, il nous semble parfois être moins réactifs, avoir besoin de plus de temps pour répondre à Jésus, être moins entiers dans notre réponse à son appel.


Il y a probablement une raison à cela. Contrairement à André, Simon-Pierrre, Jacques et Jean et tant d’autres disciples, nous n’avons jamais vu le Seigneur. Et c’est pourquoi l’histoire de Nathanaël nous intéresse. Nathanaël n'entend d'abord que le témoignage des premiers appelés : "Celui dont parlent la Loi et les Prophètes, nous l'avons trouvé : c'est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth !" Et Nathanaël ne se laisse pas convaincre facilement. Nathanaël est un pragmatique. Il connaît Nazareth, ce petit village insignifiant, à quelques kilomètres du sien. Que le Messie surgisse de là, cela lui semble hautement improbable.


Il me semble que nous ressemblons à Nathanaël. Parce que nous n’avons jamais vu le Christ, la foi ne s’est pas imposée à nous. Nous avons eu besoin de réfléchir, de cheminer, cela a pris du temps. Nous avons interrogé la foi de nos parents, nous l’avons passée au crible de la raison. Sur ce chemin, il y avait de la place pour le doute.


Mais nous avons été attentifs à des témoins qui, comme Philippe à Nathanaël, nous ont dit : “Viens et vois". C'est le type même de la parole de témoignage : une parole qui ne contraint pas mais qui propose. Philippe ne force pas la main de Nathanaël ; il ne l'oblige pas, il ne fait pas pression sur lui. Il suggère simplement à Nathanaël de s’intéresser à Jésus, à se faire une idée de son enseignement, à observer son comportement.


Pour nous aussi, il en est ainsi. Des témoins nous ont amenés à Jésus. Et là, nous avons commencé à le voir. Quand Nathanaël voit enfin Jésus, il prend conscience que Jésus le voyait depuis longtemps : "Quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu !" En un éclair, Nathanaël se découvre précédé par le regard de Jésus. Et parce qu'il se sait reconnu, il reconnaît à son tour Jésus pour ce qu'il est : le Messie.


Pour nous aussi, la foi est née dans nos cœurs à l’instant où nous avons compris que le regard de Dieu nous précède, qu’il veille sur nous de toute éternité, qu’il nous connaît et qu’il nous aime. Ca, c’est l’expérience originelle de la foi. C’est quand nous entendons Dieu nous dire : “Tu es mon fils bien aimé, en toi j’ai mis tout mon amour”.


Et c’est à partir de cette expérience originelle que nos yeux s’ouvrent sur plus grand encore : "Tu verras des choses bien plus grandes !" dit Jésus à Nathanaël.


Et c’est vrai. Notre foi nous a conduit à contempler les merveilles de Dieu en ce monde. Comme Nathanaël, nous avons appris à contempler le Ciel ouvert et les anges de Dieu qui y montent et descendent. A notre tour, nous pouvons dire à d’autres : “Viens et vois”.


Amen.

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