Hymne à la charité

Homélie du mercredi 15 septembre 2020 (1Co 12, 31 - 13, 13)



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Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens


Frères,

recherchez avec ardeur les dons les plus grands.

Et maintenant, je vais vous indiquer le chemin par excellence.


J’aurais beau parler toutes les langues

des hommes et des anges,

si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour,

je ne suis qu’un cuivre qui résonne,

une cymbale retentissante.

J’aurais beau être prophète,

avoir toute la science des mystères

et toute la connaissance de Dieu,

j’aurais beau avoir toute la foi

jusqu’à transporter les montagnes,

s’il me manque l’amour,

je ne suis rien.

J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,

j’aurais beau me faire brûler vif,

s’il me manque l’amour,

cela ne me sert à rien.


L’amour prend patience ;

l’amour rend service ;

l’amour ne jalouse pas ;

il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ;

il ne fait rien d’inconvenant ;

il ne cherche pas son intérêt ;

il ne s’emporte pas ;

il n’entretient pas de rancune ;

il ne se réjouit pas de ce qui est injuste,

mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ;

il supporte tout, il fait confiance en tout,

il espère tout, il endure tout.

L’amour ne passera jamais.


Les prophéties seront dépassées,

le don des langues cessera,

la connaissance actuelle sera dépassée.

En effet, notre connaissance est partielle,

nos prophéties sont partielles.

Quand viendra l’achèvement,

ce qui est partiel sera dépassé.

Quand j’étais petit enfant,

je parlais comme un enfant,

je pensais comme un enfant,

je raisonnais comme un enfant.

Maintenant que je suis un homme,

j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.


Nous voyons actuellement de manière confuse,

comme dans un miroir ;

ce jour-là, nous verrons face à face.

Actuellement, ma connaissance est partielle ;

ce jour-là, je connaîtrai parfaitement,

comme j’ai été connu.

Ce qui demeure aujourd’hui,

c’est la foi, l’espérance et la charité ;

mais la plus grande des trois,

c’est la charité.


– Parole du Seigneur.



Homélie


Dans sa lettre adressée aux chrétiens de Corinthe, Saint Paul prend le temps d’énumérer tous les dons de l’Esprit Saint, c’est à dire tous les belles dispositions de coeur et d’âme que le Seigneur distribue aux uns et aux autres. Les dons sont variés : les uns parlent avec sagesse, les autres ont une foi à déplacer les montagnes, d’autres sont capables de guérir ceux qui sont dans la souffrance, d’autres ont reçu la capacité de discerner ce qui est juste… La liste est longue. Et Saint Paul ajoute : “Celui qui agit en tout cela, c’est l’unique et même Esprit : il distribue ses dons, comme il le veut, à chacun en particulier.” (1Co 12, 4s).


Nous portons tous en nous l’un ou l’autre de ces dons. Personne n’en est privé. A chacun de reconnaître avec émerveillement ce que le Seigneur a déposé en lui. A chacun d’apprendre à se réjouir des qualités dont l’autre a hérité, même si nous n’avons pas reçu les mêmes grâces. Puissions nous dire, chacun : “je n’ai pas reçu tel don, telle qualité, mais ce n’est pas grave, car mon frère, lui, l’a reçu(e)”.


Oui, tous, nous sommes interdépendants et c’est une bonne chose. Nous formons un “corps”, dit Saint Paul, où chaque membre apporte quelque chose de bon, dans la variété des dons reçus.


Aussi fondamental qu’il soit, cet enseignement n’est pas spécifiquement chrétien. On le retrouve dans des maximes de sagesse grecques, dans des commentaires de rabbins très anciens. Ce qui est nouveau en revanche, c’est ce verset que je vous cite, et qui précède la première lecture de ce jour : “Sont indispensables les parties du corps qui paraissent les plus délicates”.


Je crois que c’est là que se niche la nouveauté de l’Évangile de Jésus-Christ. Ce qui semble le plus délicat et le plus fragile à vue humaine, est en fait le plus précieux aux yeux de Dieu.


On comprend mieux maintenant la première lecture de ce jour, la fameuse hymne à la charité de Saint-Paul. Cette hymne n’est pas la longue liste des obligations morales que les chrétiens seraient appelés à vivre pour être jugés charitables. Non, cette hymne chante simplement les louanges du Seigneur. Jésus, lui qui pourrait parler toutes les langues de la terre et du ciel, lui qui a toute la science des mystères, lui qui a toute la connaissance de Dieu, lui qui a la foi à transporter les montagnes, lui qui ne fait rien de malhonnête, lui qui ne cherche pas son intérêt, lui qui supporte tout et endure tout… Celui-là, ce Jésus ne serait “rien” s’il avait dénigré les plus petits d’entre nous.


Mais à l’inverse, sa charité est telle qu’il a considéré comme “indispensables” les parties du corps qui paraissent les plus délicates. Il a déclaré “nécessaire” ce qui nous semblait contingent. Cette charité, attribut de Dieu par excellence, nous est donné en exemple.


Et Saint Paul poursuit : “un jour, tout ce que Jésus a accompli d’extraordinaire disparaîtra, car ce monde passe et avec lui la science que nous avons de Dieu. Mais une chose ne passera pas : le fait que Dieu se soit penché sur nous et nous ait considérés “indispensables”. Indispensables parce que “délicats”.


Cette charité, c'est aussi la disposition qui, en nous, ne passe pas. C'est elle qui nous fait "demeurer" en Christ pour l'éternité.


Amen.




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