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Foi jaillissante

Homélie du dimanche 12 mars 2023 (Ex 17, 3-7 ; Jn 4, 5-42)




Lecture du livre de l’Exode


En ces jours-là,

dans le désert, le peuple, manquant d’eau,

souffrit de la soif.

Il récrimina contre Moïse et dit :

« Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ?

Était-ce pour nous faire mourir de soif

avec nos fils et nos troupeaux ? »

Moïse cria vers le Seigneur :

« Que vais-je faire de ce peuple ?

Encore un peu, et ils me lapideront ! »

Le Seigneur dit à Moïse :

« Passe devant le peuple,

emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël,

prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil,

et va !

Moi, je serai là, devant toi,

sur le rocher du mont Horeb.

Tu frapperas le rocher,

il en sortira de l’eau,

et le peuple boira ! »

Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.


Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve)

et Mériba (c’est-à-dire : Querelle),

parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur,

et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant :

« Le Seigneur est-il au milieu de nous,

oui ou non ? »


– Parole du Seigneur.



Homélie


Si le carême dure quarante jours, c’est pour que nous pensions aux quarante jours que les hébreux ont passé dans le désert. Leur histoire, c’est la nôtre. Et dans la première lecture de ce matin, nous avons entendu que les hébreux ont eu soif dans le désert. Nous, ici à Magny, nous n’avons pas soif. Nous avons toute l’eau que nous voulons. Mais à Madagascar comme en plein d’autres lieux de la planète, l’eau manque cruellement.


Mardi dernier, ceux qui étaient là s’en souviennent, nous avons vu un film qui montre comment vivent les malgaches, dans le sud du pays. Ils se lèvent à cinq heures du matin. Après une longue marche, ils arrivent à un fleuve asséché. Là, ils grattent le lit de la rivière pour récupérer un peu d’eau mêlée de sable. Comme il fait très chaud, ils la boivent tout de suite, sans prendre le temps de la faire bouillir pour la purifier. Et puis, ils reprennent le chemin sous le cagnard pour rentrer au village. Ils ne peuvent prendre que cinq litres d’eau avec eux. Et quand ils arrivent à la maison, il est 17 heures. Pendant ce temps, les femmes et les enfants ont mangé du cactus qui donne mal au ventre, parce qu’ils n’ont pas assez d’eau pour faire de l’agriculture.


Si nous voulons aider ces gens, c’est possible. Il suffit de faire un don sur le site Internet de la paroisse, et vous nous aiderez à construire un système de filtrage et de stockage de l’eau potable dans un village. C’est simple, c’est concret, c’est efficace, et tout l’argent qui est donné servira à ça.


Quand les hébreux ont souffert de la soif dans le désert, ils se sont plaints. Vous savez, quand tout va mal, on s’en prend aux autorités. Chez nous en ce moment c’est Macron, le gouvernement, le Trésor public… A l’époque de Moïse c’est Moïse qui s’en prend plein la figure. Moïse, et Dieu lui-même.


C’est triste, parce que Dieu leur avait fait passer la Mer Rouge (Ex 14), il leur avait donné de l’eau potable à Mara (Ex 15, 22-27), il leur avait donné des cailles puis la manne à manger (Ex 16). Mais au lieu de se dire : “Dieu a toujours été à nos côtés dans l’épreuve, il ne nous a jamais abandonnés ! Eh bien, ils en veulent au Seigneur. Ils ironisent en disant : “Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas ?”


Cela ressemble à beaucoup de gens qui mettent en doute l’existence de Dieu en disant : “Quel est ce Dieu, qui a créé un monde où il y a tant de souffrances et de malheurs ?” Et nous, ça nous arrive aussi : on s’en prend parfois à Dieu quand les choses ne vont pas comme nous le souhaiterions ou quand une épreuve sérieuse nous tombe dessus. Nous aimerions un dieu interventionniste, une véritable assurance tout risque ! Et on soupçonne Dieu de nous ignorer, de nous oublier alors que nous avons tout fait jusque-là pour lui rester fidèle, autant que nous le pouvions.


Ce “soupçon originel” (pensez à Adam et Eve) est un vrai poison pour nos vies. Il ajoute un mal à notre épreuve, car il détruit toute paix, toute espérance et toute confiance en un Dieu d’amour, un Dieu qui nous veut profondément heureux et qui nous promet de le faire.


Seulement, là encore, il ne faut pas se tromper de bonheur et encore moins de Dieu. Voyez comment, en Jésus, il n’y a pas l’ombre d’une défiance envers son Père. Pas même à Gethsémani où tout semble l’abandonner. Mais Dieu est bien avec nous dans nos souffrances, comme il l’a été avec Jésus. Le premier don qu’il nous fait, quand ça va mal, c’est le don de la confiance, celui de l’espérance et de la foi.


Pour Saint Paul, l’eau vive, celle qui jaillit du rocher qu’est le Christ, c’est la foi : (1 Cor 10,3 ; Rm 5, 1). La foi, quand elle nous gagne, devient source jaillissante de vie, pour nous et pour les autres : comme pour la samaritaine qui abandonne sa cruche pour aller partager la bonne nouvelle aux gens de sa ville.C’est ce don de la foi que nous célébrons aujourd’hui, notre propre foi, la foi de nos catéchumènes que Dieu scrute aujourd’hui d’un œil attentif. C’est le sens de leur scrutin.


Père, nous t’en prions, envoie ton Esprit, l’Esprit de Jésus, qui nous gardera dans la confiance, particulièrement quand il nous arrive d’être éprouvés et dans la tourmente.


Amen.

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