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Encyclique de notre pape

Contempler dans le visage du Fils une magnifique humanité





Il est impossible de résumer 245 paragraphes en un édito ! Ce seront donc de modestes réflexions et extraits de la magnifique encyclique de notre pape. Pour comprendre ce texte fondamental, il nous faut bien lire le sous-titre : "« sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle » ; « J’invite à contempler dans le visage du Fils une magnifique humanité qui éclaire également l’ère de l’IA » (conclusion § 233). Le pape Léon passe l’intelligence artificielle au crible de la doctrine sociale de l’Eglise, notamment de la destination universelle des biens.


La dignité de l’être humain doit être le critère pour apprécier la grandeur de tout progrès technique ou technologique. « Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle (…) doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ? » (§85). Ainsi le pape invite à « désarmer » l’IA : « Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain ». (§110).


Le pape rappelle le projet de Dieu d’un « humain intégral » (Paul VI) qui est loin du projet d’un « humain amélioré » du transhumanisme : l’être humain dans sa finitude dont la valeur vient de Dieu, fait face au projet d’un humain sans limites et tout-puissant.


Deux images bibliques permettent de comprendre la réflexion du pape : ériger une tour de Babel (Gn 11, 1-9) ou reconstruire dans la communion les murs de Jérusalem (Ne 2-6). Babel, c’est l’humanité qui dans un rêve de toute-puissance veut construire une tour « dont le sommet pénètre les cieux » (Gn 11, 4) : Elle est le symbole d’une humanité coupée de Dieu : « au lieu de la communion, (elle) choisit l’homogénéisation » et obtient « une uniformité qui élimine la diversité ». Tout cela aboutit à la dispersion et la division.


Dans le livre de Néhémie, après l’exil babylonien, une partie du peuple revient à Jérusalem, dans la ville en ruines. Néhémie, avant d’agir, jeûne et prie pour le peuple. Il invite les familles à reconstruire chacune un bout de la ville ; la ville va renaître grâce à tout le peuple uni au Seigneur. « Jérusalem retrouve ainsi un langage commun, non pas celui de l’uniformité, mais celui de la communion, de la fraternité, de la collaboration : l’harmonie naît lorsque chacun assume son rôle et que tout le peuple reconnaît sa force comme venant du Seigneur » (§8).


« À l’ère de l’intelligence artificielle où la dignité humaine risque d’être éclipsée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir urgent de rester profondément humains, en préservant avec amour cette magnifique humanité qui nous a été donnée et manifestée dans sa plénitude dans le Christ, mais qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur ». (§15).

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