Les leçons du confinement

Nous avons été éprouvés au désert



Le Seigneur "voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur", disait Moïse à son peuple (Dt 8, 2). Ce verset issu des lectures de dimanche dernier m’a tout de suite fait penser à ce temps du confinement dont nous sortons doucement et que nous avons dû vivre pendant deux ou trois mois.


Effectivement, on pourrait l’interpréter de cette façon : un temps d’épreuve qui nous a donné de pouvoir redécouvrir ce que nous avons dans le cœur. Ce qui, pour nous, est vraiment important parce qu’on a fait l’expérience que ça nous manquait. Ou, à l’inverse, qu’il y avait des choses dont on pouvait finalement se passer…


"Savoir ce que tu as dans le coeur..."

Je ne vais pas faire la liste de toutes ces choses. On a pris le temps la semaine passée et cette semaine encore de se retrouver en petits groupes à la paroisse pour échanger là-dessus… Se dire très simplement comment on a vécu ces trois derniers mois. Le positif, le négatif. Ce qu’on en retient. Ce qu’on aimerait continuer à vivre.


Ce qui a surtout pesé, je pense, c’est l’isolement pour certains. Et aussi, bien sûr, l’ambiance anxiogène amplifiée par les médias. La peur, l’inquiétude pour ceux qu’on aime… L’énervement en famille, etc. Il y a eu aussi le manque d’eucharistie. La difficulté de prier seul.


Mais je pense surtout au manque de relations. De relations véritables et non pas virtuelles.

Les communications téléphoniques ont été souvent très importantes, longues et fréquentes, pour remplacer, pour compenser, mais justement on a pu tous ressentir combien le contact avec l’autre, pouvoir le toucher, l’embrasser, le voir en direct… était finalement très important. C’est cela qui a surtout manqué. Tous ces contacts étaient devenus impossibles.


Dans le même sens, nous avons peut-être ressenti l’importance de nos assemblées dominicales, l’importance de la communauté paroissiale, du rassemblement pour la prière. De ce que l’Eglise appelle "le Corps du Christ", dont c'était la fête dimanche dernier. Personnellement, c’est ce que je retiens : l’importance du rassemblement paroissial.


Bref, tout ceci fut vraiment un temps d’épreuve, un temps qui "nous a fait sentir la faim", notre vraie faim, comme dit le Deutéronome. Moïse a une expression, il dit : le Seigneur "t’a fait passer par la pauvreté".


"Il t'a fait passer par la pauvreté..."

La pauvreté donne en effet de reconnaître les vraies richesses. On a redécouvert que la nourriture terrestre n’est pas suffisante pour nourrir l’homme dans tout ce qui le constitue. Nous avons besoin d’une autre nourriture, d’une nourriture spirituelle.


"Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel", dit Jésus ; "si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement." Nous avons besoin de l’autre. Nous avons besoin de relations.

Nous avons besoin d’une vie intérieure. De silence. De marches quotidiennes… Chacun a pu ainsi mieux connaître ce dont il avait besoin pour vivre.


"N'oublie pas..."

Alors que nous sommes sur le chemin du retour à la normale. C’est donc le moment de se poser la question de ce que nous souhaitons comme "vie normale". "Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant" deux mois et demi… "N’oublie pas…" (Dt 8, 2).


Cette fête du Corps et du Sang du Christ nous permet de ne pas oublier : nous avons besoin de l’eucharistie pour pouvoir aimer et servir les hommes dans le même esprit que Jésus. Nous avons besoin de l’Eucharistie, de cette nourriture pour ne pas défaillir sur le chemin, et pour nous relever quand nous sommes tombés. Souvenons-nous : Jésus veut demeurer en nous.



Le père Olivier vous propose de poursuivre la réflexion avec cette sélection d'articles sur le confinement.


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