De Melkisédek à Jésus

Homélie du mercredi 20 janvier 2021 (Hb 7, 1-3.15-17)



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Lecture de la lettre aux Hébreux


Frères,

Melkisédek était roi de Salem,

prêtre du Dieu très-haut ;

il vint à la rencontre d’Abraham

quand celui-ci rentrait de son expédition contre les rois ;

il le bénit,

et Abraham lui remit le dixième de tout ce qu’il avait pris.

D’abord, Melkisédek porte un nom

qui veut dire « roi de justice » ;

ensuite, il est roi de Salem, c’est-à-dire roi « de paix »,

et à son sujet on ne parle

ni de père ni de mère, ni d’ancêtres,

ni d’un commencement d’existence ni d’une fin de vie ;

cela le fait ressembler au Fils de Dieu :

il demeure prêtre pour toujours.


Les choses sont encore beaucoup plus claires

si un autre prêtre se lève à la ressemblance de Melkisédek

et devient prêtre,

non pas selon une exigence légale de filiation humaine,

mais par la puissance d’une vie indestructible.

Car voici le témoignage de l’Écriture :

Toi, tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek

pour l’éternité.


– Parole du Seigneur.



Homélie


Un historien me disait un jour que les deux plus anciennes institutions de l’humanité sont probablement le sacerdoce (le fait que des hommes soient consacrés à Dieu) et la prostitution. Aussi loin que l’on remonte dans le temps, on trouve des prêtres et des prostituées. Et comme les premiers sont les derniers, nous sommes aussi les deux dernières catégories socio-professionnelles à bénéficier de la sécurité sociale en France. C’est le 2 janvier 1979 que nous avons pu trinquer ensemble à notre prise en charge médico-sociale.


Je n’en dirai pas plus sur la très vieille institution de la prostitution, n’étant pas très qualifié sur le sujet. Mais je peux dire quelques mots sur le sacerdoce, surtout après que nous avons entendu en première lecture la petite catéchèse donnée par la lettre aux hébreux sur le sacerdoce de Melkisédek.


Melkisédek. Ce nom ne vous est pas inconnu : on l’entend à chaque fois que nous prions le canon romain (la première prière eucharistique) : “Et comme il t’a plu d’accueillir les présents d’Abel le Juste, le sacrifice de notre père Abraham et celui que t’offrit Melkisédek, ton grand prêtre, en signe du sacrifice parfait, regarde cette offrande avec amour…” Etc, etc.


Melkisédek, c’est le tout premier prêtre qui soit cité dans la Bible. C’est la toute première figure de prêtre, pour les juifs comme pour les chrétiens. On ne sait à peu près rien de lui… Et c’est sans doute mieux ainsi, tellement le sacerdoce a changé avec Jésus. Jésus est prêtre - c’est ce que dit la lettre aux hébreux - mais sa manière à lui d’être prêtre est tellement différente qu’aucun évangile n’a pensé à lui donner le titre de prêtre. Pas plus qu’aux apôtres et à leurs successeurs.


Avant Jésus, être prêtre était vraiment au-dessus de la masse. On lui demandait de ne surtout pas se mélanger avec le peuple afin de ne pas être sali par le péché des autres hommes et, soi-disant, de rester pur. On attendait du prêtre qu’il reste auprès de Dieu, à son service. Avec Jésus, c’est tout l’inverse. Jésus dit du prêtre qu’il est consacré à son peuple, qu’il doit vivre avec lui, qu’il doit s’asseoir à la table des pécheurs jusqu’à prendre leur odeur, comme un berger prend l’odeur de ses brebis et de ses boucs.


Avant Jésus, la mission du prêtre était de tout faire pour obtenir un changement d’attitude de la part de Dieu. Il fallait que le prêtre s’attire les faveurs du Très-Haut pour que nous soyons jugés moins sévèrement. Avec Jésus, la mission du prêtre consiste à demander à Dieu la grâce d’être transformés intérieurement et de devenir meilleurs.


Avant Jésus, le prêtre devait faire couler le sang au cours de sacrifices d’hommes ou d’animaux. Avec Jésus, le prêtre se contente de montrer le sang du Christ, ce sang qui nous sauve depuis que Dieu a dit qu’il préférait voir couler son propre sang que le nôtre.


Avant Jésus, le prêtre demandait à la foudre du ciel de tomber sur l’autel pour embraser des offrandes extérieures à nous-mêmes. Avec Jésus, le prêtre demande à l’Esprit-Saint de consacrer des offrandes destinées à nous sanctifier de l’intérieur.


Avant Jésus, tous ces rites étaient célébrés sans le peuple, à distance de lui. Aujourd’hui, nous y sommes associés, à chaque messe, à tel point que tous les chrétiens sont prêtres aux yeux de Dieu, par la grâce de leur baptême.


Si je suis prêtre dans l’exercice de mon ministère, ce n’est que pour vous aider à l’être vous-mêmes, afin que tous nous soyons prêtres, consacrés à Dieu comme le Christ l’entend, c’est-à-dire consacrés au monde, entièrement dévoués à son service, sans crainte ni dégoût pour son péché car il est le nôtre aussi.


Amen.


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