Lc 11, 15-26 (homélie du vendredi 11 octobre 2019)



Jésus accomplit un exorcisme. Il n’est pas le premier à le faire. La tradition juive exerçait ce ministère en utilisant des prières et des rituels censés remonter à Salomon. Il s’agissait de paroles adressées à Dieu pour demander la libération de personnes qui semblent durablement affectées dans leur esprit ou dans leur corps.


En l’état des connaissances scientifiques de l’époque, on faisait difficilement la différence entre les maux d’origines physique, psychologique ou spirituelle. Et peu importait car les hébreux demandaient à Dieu d’apporter toutes les guérisons nécessaires aux personnes souffrantes. Qu’elles aient un peu de fièvre, qu’elles soient touchées par l’épilepsie ou tourmentées par le démon, c’est égal. Il s’agissait de prier Dieu pour leur guérison, comme nous le faisons nous-mêmes lorsque nous confions au Seigneur ceux que nous aimons.


Ce n’est donc pas le fait d’exorciser qui met en colère les juifs présents ce jour-là. C’est le fait que, dans ses exorcismes, Jésus s’adresse directement à Satan. On dit de sa parole qu’elle est “imprécative”, adressée à l’auteur du mal : “Esprit mauvais, sors de cet homme !”


Cette interpellation directe ne plaît guère aux juifs qui, eux, ne s’adressaient qu’à Dieu. Leur prière était déprécative : “Seigneur, délivre cet homme !”. Pour ces rabbins de Palestine, le fait de s’adresser directement à Satan et de lui commander est de très mauvais augure. Cela donne à penser que Jésus a autorité sur lui et, que par voie de conséquence, il est de son camp.


Je comprends le trouble de ces hommes. Pour les rassurer, Jésus prend le parti de les faire raisonner : “Si je suis du côté de Satan, pourquoi lutterais-je contre lui ?” En effet, cela n’a pas de sens.


Mais cela ne suffira pas à apaiser les juifs témoins de l’exorcisme. Car si Jésus commande en son nom propre aux esprits mauvais alors qu’il ne fait pas nombre avec eux, c’est donc qu’il se prend pour Dieu. Cela, c’est un crime. Et, nous le savons, un crime passible de la peine de mort.


Nous sommes au chapitre 11 de l’évangile de Luc. Nous sommes déjà en train de marcher vers la Passion. Jésus sait qu’il se condamne en agissant ainsi au nom et en la personne du Seigneur. Mais il termine sur une note d’espérance : “Je suis le plus fort”.


C’est vrai, Jésus est le plus fort, celui qui survient dans le monde et triomphe de Béelzéboul. Ces termes militaires ne doivent pas nous faire peur. Ils sont je crois dans la bouche de Jésus une invitation à choisir son camp. Seule une appartenance radicale au “plus fort” nous met en sécurité, à l’abri des assauts de l’adversaire. Cette allégeance, nous en faisons mémoire à chaque Eucharistie. Nous avons choisi la bonne part, elle ne nous sera pas enlevée.


Amen.


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