Homélie du mercredi 13 janvier 2020 (Mc 1, 29-39)



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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc


En ce temps-là,

aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm,

Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean,

dans la maison de Simon et d’André.

Or, la belle-mère de Simon était au lit,

elle avait de la fièvre.

Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.

Jésus s’approcha,

la saisit par la main

et la fit lever.

La fièvre la quitta,

et elle les servait.


Le soir venu, après le coucher du soleil,

on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal

ou possédés par des démons.

La ville entière se pressait à la porte.

Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,

et il expulsa beaucoup de démons ;

il empêchait les démons de parler,

parce qu’ils savaient, eux, qui il était.


Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube.

Il sortit et se rendit dans un endroit désert,

et là il priait.

Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.

Ils le trouvent et lui disent :

« Tout le monde te cherche. »

Jésus leur dit :

« Allons ailleurs, dans les villages voisins,

afin que là aussi je proclame l’Évangile ;

car c’est pour cela que je suis sorti. »


Et il parcourut toute la Galilée,

proclamant l’Évangile dans leurs synagogues,

et expulsant les démons.


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Hier soir, je regardais sur Internet l’interview d’un confrère aumônier militaire. Il a été aumônier des paras puis de la gendarmerie, ces dernières années. A la toute fin de l’émission, le présentateur de KTO lui a demandé : “Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui vous dirait : ‘J’ai envie de devenir chrétien, par quoi dois-je commencer ?’”.


Réponse du padre : “Barre-toi vite !” Le présentateur était un peu déstabilisé, alors le prêtre a ajouté : “Non, je plaisante. Mais j’ai envie de dire à ce gars-là : ‘Va t’en, c’est odieux d’être chrétien !’ C’est - je cite - vivre en permanence dans le déséquilibre et en recherche permanente d’équilibre. La vie chrétienne, c’est une marche, donc c’est un déséquilibre.” Le prêtre a terminé en disant : “En fait, contrairement à ce que croient beaucoup de nos contemporains (qui sont proches de l’agnosticisme ou de l’athéisme), être chrétien cela pose plus de questions que cela n’en résout et c’est plus compliqué que de se dire athée.”


Ce bout d’interview m’est revenu à la mémoire quand j’ai médité l’évangile de ce mercredi. Dans ce récit, les disciples sont tout contents parce que Jésus remporte un grand succès auprès des foules. Et les disciples le lui disent, d’ailleurs : “Jésus, tout le monde te cherche !” Et Jésus répond aussitôt : “Allons ailleurs”... Allons là où tout est encore à faire, là où tout est plus difficile.


La vie chrétienne, c’est vrai, c’est un peu ça. On est toujours en déplacement, toujours lancé en avant, toujours projeté en "opération extérieure" diraient les militaires. Nous n’avons pas d’endroit où reposer la tête, dit Jésus. Et dès qu’on a trouvé un peu de confort ou quelques victoires dans le combat spirituel, l’Esprit-Saint nous entraîne plus loin, au désert, et il faut remettre le couvert.


On pourrait se dire que ce “Barre-toi vite !”, c’est moins la mise en garde d’un prêtre que celle d’un militaire, un militaire qui a suffisamment crapahuté pour traverser des épreuves redoutables, de celles qu’on ne souhaite à personne. Pour autant, ici, sur la chaîne KTO, c’est bien le prêtre qui parle. Et je retrouve dans sa bouche les paroles mêmes de Jésus : “Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? … Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut affronter l’autre ? » (Lc 14, 28.31). On ne devient pas chrétien sans calculer la dépense.


C’est vrai, il faut de la ressource, de la combativité et de la force pour vivre durablement en chrétien. Et au bout du compte, c’est la fidélité et la constance qui feront de nous de bons apôtres. Comme il est dit dans la lettre aux hébreux : “C’est parce que Jésus [est allé jusqu’au bout] qu’il a été capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve” (Hb 2, 18).


Depuis lundi, nous sommes retournés au “temps ordinaire” selon notre calendrier liturgique. Ce temps, c’est celui d’un engagement constant. C’est celui de la persévérance. Pour qu’à la fin de notre vie nous soyons trouvés fidèles, nous avons besoin de deux choses :

- Garder le cap, c’est à dire garder les yeux rivés sur le terme de notre pèlerinage ;

- Et puis revenir sans cesse à la source, je veux parler de la communauté des chrétiens, où Dieu nous abreuve de sa Parole et nourrit nos corps et nos âmes de son Eucharistie.


Amen.


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