Homélie du mercredi 15 janvier 2020 (Mc 1, 29-39)



Ce que Saint Marc nous raconte aujourd’hui, c’est un peu la journée type de Jésus. Il vient de recevoir le baptême de Jean, il retourne chez lui, en Galilée et commence sa vie publique. Dès les débuts, on le voit happé par la mission. Comme c’est un jour de sabbat, Jésus peut commencer sa journée par une bonne respiration à la synagogue, comme nous ce matin à la messe. Après, on ne cesse de venir à lui. Pendant la journée, pour l’écouter prêcher avec une autorité nouvelle, ou le soir, pour être guéris. Souvent les guérisons commençaient tard. On amenait les malades après la journée de travail et on attendait que le soleil soit couché pour ne pas les transporter en pleine chaleur. Quand les derniers repartaient guéris, la nuit était parfois très avancée.


On dire que la vie publique de Jésus était surmenée. Mais il l’équilibrait par la prière. Non seulement à la synagogue, les jours de sabbats, mais aussi en s’éloignant dans un lieu solitaire, pour parler seul à seul, dans le silence, avec son Père des cieux.


Dans le premier chapitre de Marc, les disciples ne connaissent pas encore bien les habitudes de leur rabbi. Ils s’inquiètent de l’absence de Jésus, ils partent à sa recherche. Quand ils le trouvent, ils lui disent “reviens au point de départ, car maintenant c’est gagné, tout le monde te cherche”. Et la réponse de Jésus les surprend : “Allons ailleurs. Partons en ces lieux où ça n’est pas encore gagné”.


C’est difficile à entendre pour les disciples de Jésus. A chaque fois que la situation semble devenir confortable, ils sont appelés à quitter leurs équilibres précaires et à se remettre en chemin pour se confronter de nouveau à l’inconnu.


Pour nous, c’est pareil. Quand dans notre vie de prière, nous pensons être arrivés à bon port, Jésus nous déstabilise et nous dit : “C’est bien. Voilà que ce pan de ta vie est évangélisé. Maintenant, allons ailleurs.” Quand dans notre annonce de l’évangile nous semblons enfin être entendus, Jésus nous dit : “C’est bien. Voilà que cet homme m’a rencontré. Maintenant, allons ailleurs.”


“Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête” dit Jésus. Ce n’est pas forcément pour nous une mauvaise nouvelle. Cela ne veut pas dire que nous ne connaîtrons jamais le repos où que les équilibres de notre vie seront toujours précaires. Cela signifie qu’avec Jésus, on ne trouve la paix que si l’on consent à rester en mouvement pour demeurer en sa compagnie.


C’est la définition contemporaine de la maturité. On parle de maturité quand un homme se laisse déplacer, transformer par les évènements. L’absence de maturité, c’est l’incapacité à se laisser transformer par l’existence, c’est le fait de rester le même, indéfiniment. Demandons à Jésus la grâce de le suivre quand il nous dit : “Allons ailleurs”. Nous trouverons la motivation pour cela si nous réalisons qu’il s’agit, ultimement, d’un avenir meilleur.


Amen.


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