Homélie du dimanche 17 janvier 2020 (Jn 1, 35-42)



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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


En ce temps-là,

Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples.

Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit :

« Voici l’Agneau de Dieu. »

Les deux disciples entendirent ce qu’il disait,

et ils suivirent Jésus.

Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient,

et leur dit :

« Que cherchez-vous ? »

Ils lui répondirent :

« Rabbi – ce qui veut dire : Maître –,

où demeures-tu ? »

Il leur dit :

« Venez, et vous verrez. »

Ils allèrent donc,

ils virent où il demeurait,

et ils restèrent auprès de lui ce jour-là.

C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).


André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples

qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.

Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit :

« Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.

André amena son frère à Jésus.

Jésus posa son regard sur lui et dit :

« Tu es Simon, fils de Jean ;

tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


“Voici l’Agneau de Dieu !” C’est comme cela que Jean-Baptiste désigne Jésus. “Agneau” se dit “Talya” en araméen. Un mot qui a trois sens : l’agneau, le jeune homme, le serviteur. Quand Jean-Baptiste a prononcé ce mot pour la première fois, peut-être voulait-il dire : “Vois ce jeune homme, talya, ce serviteur”... A l’époque, Jésus devait être assez anonyme dans la masse des disciples de Jean. Tout au plus savait-on de lui qu’il avait été baptisé comme les autres. Si deux hommes se mettent à le suivre, c’est probablement parce que Jean a piqué leur curiosité. Qu’a-t-il de si extraordinaire pour que Jean nous le montre du doigt ?


Pas sûr que Jean-Baptiste lui-même sache encore très bien le rôle que Jésus s’apprête à jouer. Certes, Saint Jean l’évangéliste nous présente un Jean-Baptiste qui semble d’emblée très renseigné sur l’identité de Jésus. Mais d’autres évangélistes laissent entendre que Jean-Baptiste a eu besoin de temps pour comprendre qui est Jésus.


Être le cousin de Jésus ne rend pas nécessairement les choses plus simples ou plus faciles à comprendre. Marie, en la matière, fait preuve de beaucoup d’humilité. Elle parle peu de son fils. Elle retient et médite dans son cœur ce qu’elle voit et ce qu’elle entend. Et comme Jean-Baptiste, elle désigne Jésus en disant : “Faites ce qu’il vous dira. Vous pouvez avoir confiance en ce jeune homme, ce serviteur”.


Ce n’est qu’après la mort et la résurrection de Jésus que l’on se dira : “Oui, véritablement, ce jeune homme était serviteur, talya”. Il était même le serviteur annoncé par Isaïe plus de cinq cents ans auparavant : “Homme de douleurs, nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Par ses blessures, nous sommes guéris.” C’est le chant du serviteur souffrant, figure d’un Messie qui sauve son peuple non par le charisme ou l’autorité mais en servant jusqu’à l’ultime, jusqu’au don de sa vie”.


Ce n’est qu’après la mort et la résurrection de Jésus que l’on se dira : “Oui, véritablement, ce jeune homme, ce serviteur était aussi l’agneau, talya”. D’ailleurs, le chant du serviteur souffrant se poursuit ainsi : “Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs” (Is 53, 1+).


“Voici l’Agneau de Dieu”... Comment Jean-Baptiste pouvait-il comprendre et maîtriser tout cela, avant que Jésus se manifeste au monde ? La parole de Jean le débordait mais elle était inspirée, comme le fut auparavant celle du vieillard Syméon (Lc 2, 27-35).


Quant à nous, nous pourrions nous réjouir que tout soit plus clair, puisque nous connaissons le fin mot de l’histoire et que tout est accompli. Pour autant, Jésus reste pour nous un jeune homme bien mystérieux. Comme les deux disciples de l’évangile, quelqu’un de bien inspiré nous a conseillé de suivre Jésus et nous avons fait quelques pas en sa direction. Loin de tout nous révéler d’emblée, Jésus répond à nos questions comme elles se présentent, en nous donnant progressivement de comprendre qui il est, et ce qu’il s’apprête à changer dans nos vies. “J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, dit Jésus, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter” (Jn 16, 2).


Ainsi, quand les deux disciples ont demandé à Jésus où il demeurait, sans doute espéraient-ils simplement découvrir où était sa maison. En réponse à ce qui s’apparente à de la curiosité, ils ont dû trouver un pied-à-terre assez provisoire et sommaire, car Jésus se voulait itinérant et n’avait guère “où reposer sa tête” (Mt 8,20).


Plus tard, à force de compagnonnage avec le Christ, ce “où demeures-tu ?” a probablement signifié : “Jésus, où pouvons-nous te retrouver à coup sûr ?” Cette amorce de fidélité marque le début de l’amitié avec le Christ.


Plus tard encore, la question “où demeures-tu ?” prendra son sens le plus profond : “Jésus, avec qui vis-tu ? Qui habite ton cœur, jour après jour ?” Oui, le temps viendra où les deux disciples parleront à Jésus à ce niveau de profondeur.


Quant à nous, nous avons beau tout connaître de Jésus, nous passons par les mêmes étapes. A chacun maintenant de se demander ce qu’il éprouve en compagnie de Jésus ? Une simple curiosité ? Une amitié fidèle ? Une intimité amoureuse avec le Père ?


Amen.


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