Sacrée histoire

Homélie du vendredi 19 juin 2020 (Mt 11, 25-30)



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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu


En ce temps-là,

Jésus prit la parole et dit :

« Père, Seigneur du ciel et de la terre,

je proclame ta louange :

ce que tu as caché aux sages et aux savants,

tu l’as révélé aux tout-petits.

Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.

Tout m’a été remis par mon Père ;

personne ne connaît le Fils, sinon le Père,

et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,

et celui à qui le Fils veut le révéler.


Venez à moi,

vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,

et moi, je vous procurerai le repos.

Prenez sur vous mon joug,

devenez mes disciples,

car je suis doux et humble de cœur,

et vous trouverez le repos pour votre âme.

Oui, mon joug est facile à porter,

et mon fardeau, léger. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


La contemplation du coeur de Jésus, de son coeur ouvert sur la croix, est une dévotion qui remonte à l’Antiquité. Mais il faudra attendre la seconde moitié du 17ème siècle pour qu’un prêtre normand célèbre pour la première fois la messe en l’honneur du coeur de Jésus. C’était le 20 octobre 1672.


Un culte qui aurait pu tomber dans l’oubli si le Seigneur n’était apparu à une religieuse de Paray-le-Monial quelques années plus tard, montrant son coeur et demandant à ce que nous continuions à le célébrer et à le contempler.


Aujourd’hui, le culte du Sacré-Coeur reste confidentiel en dépit de son statut de solennité dans notre calendrier liturgique. Pour les uns, la représentation de l’amour du Seigneur par le dessin d’un coeur ouvert semble enfantine voire désuète. D’autres sont rebutés par l’aspect réaliste d’un coeur d’où perlent le sang et les larmes. C’est un peu étonnant pour une génération qui s’est par ailleurs très bien acclimatée aux représentations symboliques comme aux effusions de sang.


Peut-être que le malaise est plus profond. Inconsciemment, le culte du Sacré-Coeur de Jésus nous renvoie au dix-neuvième siècle, quand cette vénération a connu son apogée. Quand nous disons d’une dévotion qu’elle est “dix-neuvièmiste”, c’est rarement flatteur. Beaucoup associent ce siècle à la propagation d’une religion de la crainte et de la faute. Une vision trop réductrice au regard de l’histoire quand on sait combien de saints et de saintes de ce siècle ont puisé dans leur contemplation de l’amour de Jésus la force et la créativité nécessaires pour se mettre au service des plus pauvres et s’engager au service de l’éducation des jeunes. Cette génération, c’est elle qui a reconstruit le pays après la tourmente de la révolution, faisant de l’Église un dispensaire. Ce siècle, qui est volontiers présenté comme un siècle qui éduquait à la peur, était aussi un siècle qui éduquait à l’amour et à la tendresse pour le prochain.


Si, ce soir, nous acceptons de nous mettre à leur école, nous leur serons reconnaissants d’avoir mis en valeur la tendresse de Dieu pour l’humanité, telle qu’elle nous est révélée dans le Livre du Prophète Osée : “Je guidais mon peuple avec humanité, par des liens de tendresse. Je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue. Je me penchais vers lui pour le faire manger” (Os 11, 4). Telle est la tendresse du cœur de Dieu pour les hommes, telle est la dynamique de l’amour de Dieu qui va Le conduire jusqu’à prendre un coeur de chair semblable au nôtre. Cet amour, nous le savons, ira jusqu’à l’extrême : “Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout” (Jn 13, 1). “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime” (Jn 15,13).


Dans l’un de ses écrits, le cardinal André Vingt-Trois s’interroge ; je cite : “Par quelle alchimie mystérieuse cette parole de tendresse et d’amour s’est-elle travestie en parole de crainte et de condamnation. Qui voulait faire peur à qui ? Est-ce Dieu qui voulait faire peur aux hommes ? Ou n’est-ce pas plutôt les parents ou les adultes qui voulaient utiliser la peur pour éduquer des enfants ? Dieu cherchait-il à répandre la crainte ? Ou notre manque de liberté intérieure nous ne poussait-il pas plutôt à susciter la crainte ?”


Si nous nous posons cette question ce soir, ce n’est pas pour nous dédouaner facilement en rejetant la pierre sur les générations qui nous ont précédés. Il s’agit plutôt de réaliser que nous pouvons aussi être tentés, à certains moments, de travestir l’espérance qui nous est confiée. L’Evangile du Christ est promesse, tendresse et pardon pour l’humanité. N’en faisons pas un souvenir poussiéreux dont on s’éloigne et dont on se détourne. N’en faisons pas un discours insignifiant devant les souffrances de l’humanité.


Amen.


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