Projet de loi bioéthique

Encore des lignes de rouges de franchies




La doctrine sociale de l'Eglise, c'est la réflexion que mènent les chrétiens sur la manière de vivre en société dans le monde, à la lumière du Christ et l'Evangile. Les quatre grands principes de cet enseignement sont les suivants : la recherche du bien commun en société, la défense de la dignité de la personne humaine, l'exercice de la solidarité et le respect de la subsidiarité dans l'exercice de l'autorité.


Ces principes sont interdépendants. Il ne faut pas les considérer de manière isolée ou les mettre en opposition. Aujourd'hui, on parle beaucoup d'"écologie humaine intégrale" pour décrire nos efforts de construction d'un monde plus juste, plus humain.


Dans la paroisse, différentes équipes réfléchissent et agissent en cohérence avec la doctrine sociale de l'Eglise. Le label Eglise Verte porte le souci du respect de la création qui nous entoure. Les Associations Familiales Catholiques promeuvent la dignité de la personne humaine, de la conception jusqu'à la mort.


Régulièrement, ces sujets font la une des media. C'est le cas ce week-end où s'organise une manifestation en réaction au projet de loi de bioéthique qui sera de nouveau examiné par le Sénat en seconde lecture à partir de mardi prochain, 2 février.


Ce projet de loi passe à côté de trois grandes urgences, qui devraient être trois grandes causes nationales :

  • la véritable lutte contre l’infertilité,

  • le respect de l’intégrité de l’espèce humaine,

  • l’arrêt des discriminations vis-à-vis des personnes handicapées.

La France, pays des droits de l’Homme, pourrait être en pointe sur chacune de ces priorités. Or, ce projet de loi ne s’attaque pas à la lutte contre l’infertilité et à sa prévention mais il consacre une procréation toujours plus artificielle. Il confirme le "droit à l’enfant" au détriment des droits de tout enfant :

  • Fabrication délibérée d’enfants privés de père,

  • Création d’actes de naissance mensongers (filiations fictives),

  • Paternité optionnelle pour tous les Français,

  • Conception artificielle d'enfants privés de toute origine avec le double don de gamètes,

  • Mise en danger de la santé de jeunes femmes par la congélation ovocytaire en vue de grossesses tardives par PMA,

  • Essor du marché de la procréation avec la collecte et la conservation de gamètes humains par des établissements lucratifs.


Avec ce texte, plusieurs lignes rouges sont franchies sans appliquer aucun principe de précaution, notamment la possibilité de créer des embryons humains génétiquement modifiés. La naissance d’enfants génétiquement modifiés en Chine avait provoqué une réprobation mondiale et éclaboussé le monde de la recherche...


En matière de handicap, ce texte organise une sélection accrue des enfants avant la naissance, y compris sur des critères génétiques.


L’ajout d’un critère piégé de "détresse psychosociale" doit permettre les avortements jusqu’à la naissance. Cette mesure du projet de loi a été adoptée à la sauvette en pleine nuit, lors de la deuxième lecture à l’Assemblée nationale.


Les sénateurs de la commission spéciale bioéthique ont modifié le texte de loi le 19 janvier dernier, supprimant plusieurs dispositions à haut risque. Cependant, de graves incohérences subsistent. Avec cette seconde lecture, les sénateurs ont l’opportunité de rejeter ce texte et de promouvoir une démarche législative cohérente, en intégrant les enjeux écologiques environnementaux et humains et en protégeant les générations futures de ces injustices.


La manifestation nationale du week-end des 30 et 31 janvier a pour but de demander aux sénateurs de rejeter ce projet de loi bioéthique.


En savoir plus après le vote des sénateurs : Décryptage