Homélie du dimanche 3 mai 2020 (Jn 10, 1-10)



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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » – Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Dans les textes qui nous ont été donnés à méditer jeudi 23 avril, le songe de Jacob (Gn 28, 12-13) nous rappelait qu’il n’y a pas mille et une voie d’accès au Dieu véritable. L’échelle de Jacob, le pont entre le ciel et la terre, c’est le Christ vrai homme et vrai Dieu. Ainsi nous croyons qu’il n’y a pas d’autre accès au Dieu véritable que par son Fils, en qui il nous a tout donné. Dans l’évangile de ce jour, c’est Jésus qui nous le dit. “Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé” (Jn 10, 9). Pour l’humanité, tenter de connaître le Père sans passer par le Fils, c’est comme tenter l’escalade par un autre endroit (Jn 10, 1) pour reprendre les mots de l’évangile. Une tentative vouée à l’échec car, pour rentrer dans l’intimité de Dieu, il faut précisément être accueilli en intime et non en étranger. Le Christ, parce qu’il partage notre humanité, est le seul à pouvoir nous présenter au Père en disant : “Celui-ci est mon frère, celle-ci est ma soeur, prends-les avec moi comme tes propres enfants”. Bien sûr, cette vérité n'exclut pas ceux qui ne connaissent ou ne reconnaissent pas le Christ. Mais, d’une manière ou d’une autre, aujourd’hui ou demain, Jésus se présentera à eux-aussi comme l’unique porte, l’unique voie de salut. C’est la raison pour laquelle nous aimons les préparer à cette rencontre, par le témoignage de notre foi et par l’intercession de notre prière fidèle. Quant à nous, qui sommes croyants, nous avons nos propres défis à relever. Parmi eux, la crainte que si nous donnons notre confiance à Jésus, si nous laissons le Christ faire de nous les intimes du Père, Dieu en profite et ne respecte pas notre liberté. L’idée que Dieu puisse faire effraction dans notre vie et y prendre sans ménagements ses quartiers est une crainte répandue chez les chrétiens, notamment chez les jeunes traversés par l’idée de consacrer leur vie à Dieu, dans le sacerdoce ou la vie religieuse. En ce jour où toute l’Église prie pour les vocations consacrées, qu’ils se rassurent : Dieu ne force pas le passage. La différence entre le Christ et les voleurs et les faux prophètes, c’est qu’il ne fait rien sans notre consentement. “Voici que je me tiens à la porte, et je frappe” dit l’Agneau dans l’Apocalypse. “Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi” (Ap 3, 20). Tous ceux qui ont répondu à l’appel du Seigneur peuvent en témoigner : même quand l’appel de Dieu à la vie consacrée se fait insistant - ce qui n’est pas toujours le cas, il peut rester discret - la liberté est toujours donnée. On ne peut pas répondre paisiblement à l’appel de Dieu sans mesurer combien Dieu est prêt à nous suivre quels que soient nos chemins. C’est vrai de tout discernement chrétien. Personne ne doit craindre de descendre dans sa bergerie intérieure ni de prêter l’oreille à la voix du bon berger. Jamais il ne décide pour nous. Il éclaire simplement notre route, comme Jésus réchauffant le coeur des disciples d’Emmaüs. Ce sont les hommes qui opposent la liberté de choix et la confiance en la parole de l’autre, l’écoute des appels de Dieu et l’accomplissement de ses désirs les plus profonds. Puisque Dieu connaît notre coeur mieux que nous-mêmes, le chercher et nous trouver sont deux choses semblables. Quoiqu’il en soit, quel que soit notre chemin de vie, cessons de croire que nous pourrons le réaliser pleinement sans passer par la porte du Christ ! Lui et lui seul donne la vie en abondance. “Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance” (Jn 10, 10). Amen.

Aujourd'hui, c'est dimanche !


Le jour où, en temps normal, les chrétiens se réunissent à l'église pour célébrer l'Eucharistie. En ce temps de confinement, vous savez que les paroisses sont privées de quêtes et donc de ressources. Alors, si vos propres finances ne sont pas menacées, nous vous invitons à faire une offrande sur le site de votre paroisse ou via l'application "La Quête" que vous pouvez télécharger sur votre smartphone.


Merci d'être fidèle au rendez-vous des homélies de Port-Royal, bon dimanche et bonne fête de la résurrection de Jésus !


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