Le doute, signe de maturité

Homélie du dimanche 19 janvier 2020 (pour les jeunes confirmands)



Ce matin, je ne commenterai pas l’évangile de ce jour. Mais si vous le souhaitez, vous trouverez mon commentaire de l’évangile sur le blog paroissial. Comme l’an passé, je voudrais m’adresser aux jeunes des aumôneries de Saint-Quentin et de Port-Royal qui nous font la joie d’être parmi nous ce dimanche.


Si vous êtes ici, chers jeunes, c’est parce que vous vous préparez à recevoir le sacrement de la confirmation. Samedi prochain, à la cathédrale, le père Marc Boulle et le père Gabriel Dos Santos auront la joie de vous confirmer. Je serai moi-même présent, à vos côtés.


Cela fait maintenant longtemps que l’on vous parle du sacrement de la confirmation. Vous savez que l’on devient pleinement chrétien et adulte dans la foi en recevant trois sacrements indissociables que sont le baptême, la confirmation et l’Eucharistie.

Le baptême nous unit profondément à Dieu. Par la confirmation, nous recevons la force de vivre notre baptême, afin que le don de Dieu ne reste pas enfoui au plus profond de nous-mêmes mais qu’il illumine toute notre vie.

Enfin, à chaque Eucharistie, l’amour de Dieu est ravivé en nous, afin que nous puissions en rayonner chaque jour.


Résumé ainsi, trop vite, ce programme de vie chrétienne est ambitieux et beau. Il est enthousiasmant à entendre et il nous attire. Mais dans le même temps, le poids des habitudes et des échecs vous fait douter de votre capacité à suivre le Christ avec facilité et bonheur.


Et bien sachez-le, ce que vous ressentez aujourd’hui est partagé par tous les croyants. Aucun de vous ne doit penser qu’il est anormal ou incompétent dans la foi parce qu’il connaît le doute. Vos doutes sont le signe de votre maturité, ils signifient que vous entrez dans le monde des adultes. Vos doutes sont la conséquence normale des expériences difficiles que nous faisons tous. Face à la souffrance, la maladie, la mort de proches parfois, face à l’égoïsme dont nous sommes victimes, face à l’incompréhension… notre foi est comme partagée : d’un côté nous avons encore plus le besoin de croire en Dieu et de l’autre côté, à cause de la dureté de ces expériences, le doute s’installe.


Jusqu’à présent, dans votre enfance, votre foi était plus facile. Si elle était habitée de questions sur Dieu, comme un jeu intellectuel de découvertes, elle était peu marquée par le doute. La vie adulte, moins protégée de la violence de certaines expériences, vous contraint - nous contraint tous - à expérimenter le doute.


Dans une vie de foi adulte où le doute est présent, trois voies sont possibles : le désespoir, le non-choix ou la confiance en Dieu. En disant cela, je ne m’autorise pas à juger de ce que chacun réussit à faire ou pas de sa vie de foi… Méfions-nous, en ce domaine, de ceux qui donnent des leçons.


Sachez-le, nous n’aurons jamais de certitude de l’existence de Dieu et de son amour pour nous, au sens technique et scientifique du terme. Nous ne pourrons jamais prouver en laboratoire son existence ou son action. Ce que nous pouvons établir par une démonstration logique et rationnelle, c’est qu’il n’est pas absurde que Dieu existe et même que c’est l’hypothèse la plus probable et la plus cohérente. Mais l’exercice de la raison ne vous emmènera pas plus loin. Après, c’est une affaire de confiance.


Dieu a tenu à ne pas imposer sa présence dans nos vies, comme l’existence du soleil s’impose à nos yeux. Dieu a choisi de nous laisser libre de croire ou non en lui, de faire confiance ou non à sa Parole.


Dieu est une personne. Et comme toutes les personnes, le seul moyen de le connaître, ce n’est pas de se perdre en conjectures sur son existence mais de nous risquer à le fréquenter, de nous attacher à lui comme on se lie d’amitié avec quelqu’un, de lui parler et de nous laisser toucher par ce qu’il nous dit.


Jésus, j’ai entendu sa parole. J’ai laissé résonner sa promesse en mon coeur. Je le connais peut-être encore trop peu à mon goût, mais suffisamment pour lui donner aujourd’hui ma confiance.


Et s’il m’arrive encore de douter, je repense à ces mots de Blaise Pascal, ce grand philosophe, mathématicien et chrétien qui a vécu sur notre paroisse au dix-septième siècle. Il nous dit à chacun :


“Console-toi, tu ne marcherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé”.


Amen.


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