La colère de Jonas

Jonas 4, 1-11 (homélie du mercredi 9 octobre 2019)



Jonas est furieux. Furieux devant ce qui semble une incohérence dans le comportement de Dieu.


D’une part, Dieu dit qu’Israël est le peuple élu, que seul Jésus a les paroles de vie, que sans le baptême nous ne sommes pas sauvés… D’autre part Dieu dit son projet de sauver tous les hommes et que la miséricorde et le salut sont offerts à tous.


Jonas est de l’ancienne école. Quand Dieu lui demande de parcourir la grande ville païenne de Ninive pour l’inviter à la conversion, il rechigne. Et quand Ninive se convertit et que Dieu annonce pour elle le salut, Jonas “trouve la chose très mauvaise”, pour reprendre les mots de la première lecture. “Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment !”


Pour Jonas, c’est une déception. Plus encore, un terrible mouvement de colère : “Oui, j’ai bien raison de me mettre en colère, jusqu’à souhaiter la mort” dit Jonas.


Jonas me fait penser au fils aîné de la parabole du Père miséricordieux dans l’évangile de Luc. Rappelez-vous : “Le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’


Peut-être sommes-nous comme Jonas ou le fils aîné de la parabole. Nous voyons l’exigence et la peine qu’il y a à être fidèle à Dieu et à ses commandements, et nous ne comprenons pas qu’il puisse être donné autant à ceux qui vivent en mécréants ou qui attendent le dernier moment pour accueillir le don de Dieu.


Si ce sentiment parfois nous habite, rappelons-nous que nous sommes privilégiés. Déjà nous connaissons Dieu, déjà nous avons l’insigne honneur d’être ses serviteurs. Déjà nous communions à la vie de Jésus en suivant son chemin de passion. Cela fait de nous ses amis de la première heure, les fameux “élus” dont parle la Bible. Cela ne nous sera pas enlevé. C’est notre grâce propre, le motif de notre joie. Ne laissons pas le sentiment d’injustice ou la jalousie gâcher notre joie.


Amen.




Question : Va falloir m'expliquer plus clairement l'articulation entre suivre le chemin de passion de Jésus (= souffrir pour les autres?) et "être privilégié", "cela est le motif de notre joie". J'imagine ne pas être la seule à ne pas comprendre cette notion de passion.


Réponse du père Olivier : Le motif de notre joie, c'est d'être les amis, les intimes de Jésus... Et non pas le fait de souffrir ! Quand on est l'ami de quelqu'un, on est amené à partager pour une bonne part ce qui fait son chemin, avec les bons et les mauvais moments. Le mot "passion" dit cela : c'est à la fois la passion amoureuse dans les bons moments mais aussi la compassion quand l'un des deux a de la peine.


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