L'éloge du gérant trompeur

Lc 16, 1-13 (homélie dominicale donnée le samedi 21 septembre en l'église de Sainte-Marie)



“Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile”.

Comment Jésus peut-il bien vanter un homme malhonnête ?

Comment peut-il faire l’éloge de ce gérant trompeur ?


- Une première remarque s’impose sur le genre littéraire de la parabole. La parabole cherche à nous faire changer de point de vue, à nous faire passer de la sagesse du monde (qui est folie pour Dieu), à la sagesse de Dieu (qui est folie pour le monde).


Pour arriver à ses fins, la parabole commence par piquer notre curiosité :

“Tiens, c’est pas comme ça que j’aurais fait ! Tiens, le maître a un comportement étonnant, déstabilisant au regard de mes repères habituels…

Le fait d’être dérouté à la première écoute d’une parabole est plutôt de bon augure : c’est le signe que la Parole de Dieu nous accroche, que nous nous laissons interpeller et même déstabiliser par elle.


- Deuxième remarque. Vous l’aurez noté sans doute, le Maître ne fait pas l’éloge du gérant pour sa malhonnêteté. Il fait l’éloge du gérant pour son habileté.


Que fait cet homme ? Il met son habileté au service de la logique divine du don, du partage et de la miséricorde.

Si les biens de ce monde nous sont confiés par le Seigneur, c’est bien pour que nous mettions notre habileté à les gérer de telle manière qu’en naisse une expérience de charité. En cela, le comportement du gérant malhonnête s’accorde, malgré lui, à la logique divine. Certes, son intention est biaisée, mais son action est bonne puisqu’elle porte des fruits de charité.


Il nous arrive à tous de faire des choses bonnes alors que, secrètement, notre intention est mauvaise. Je me souviens, enfant, avoir fait un petit cadeau à une amie qui avait été détestable, non pour lui faire plaisir mais pour la mettre mal à l’aise. C’est tordu comme l’est le péché, et pour autant Dieu s’est servi de ce péché pour un bien plus grand encore. J’ai été confondu par la réaction de gentillesse de cette amie et notre relation s’en est trouvée plus sainte et belle. C’est comme cela que je comprends la parabole de ce dimanche. Dieu se sert même de notre péché pour en tirer un bien plus grand encore. Quand il y parvient, ça force le respect !


- Troisième remarque. Non seulement ce gérant donne largement à ceux qui en ont besoin, mais il réussit cet exploit de donner en remise de dette les biens qu’il ne possède plus, pour les avoir gaspillés.


Cette manière de faire est en tout point semblable à celle de Dieu qui crée le monde à partir de rien et qui fait jaillir la vie du tombeau. Nous aussi nous pouvons être de ceux qui donnent ce qu’ils n’ont pas reçu. Un orphelin peut devenir un père et un bon père. Un enfant maltraité peut devenir un exemple de douceur et de tendresse. Un pauvre peut donner de lui-même alors qu’il n’a rien. A chaque fois que cela se produit, c’est Dieu qui oeuvre.


A nous maintenant de prendre exemple sur l’habileté de ce gérant malhonnête, ou mieux encore sur l’habileté de Dieu, car Dieu ajoute l’honnêteté à la prodigalité. Ce qui est honnête au fond, c’est de donner largement, gratuitement, sans attendre de compensation (Mt 5, 42 ; Lc 6, 35).


Amen.


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