Il est vraiment ressuscité !

Homélie de Pâques 2020





Homélie


Dans notre recherche de vie, de paix, de bonheur… pour nous comme pour notre monde, qui écouter, qui suivre qui croire ?

Jésus.

Pourquoi lui plus qu’un autre ? Eh bien, tout simplement, parce qu’il est ressuscité. Et tout se "joue" là, finalement. Pâques est le centre de notre foi, la plus grande fête des chrétiens.

Saint Paul dira dans ce chapitre bien connu sur la résurrection : "Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts." (1Co 15, 12). "Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur…" (1Co 15, 17). "Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes" (1 Co 15, 19). Il avait commencé par dire : "Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon, c’est par lui que vous serez sauvés si…" (1Co 15, 1-2). Nous "tenons bon" grâce au fait que Jésus est ressuscité. C’est une vérité. C’est une réalité. C’est une "Bonne Nouvelle". Non seulement que Jésus est ressuscité mais que le chemin qu’il propose est pour tous les hommes un "vrai chemin de vie" (Jn 14, 6) ; lui, il est le premier-né d’entre les morts (Col 1, 18). La résurrection manifeste donc que le chemin emprunté par Jésus est le bon. Ce chemin ne conduit pas à une impasse, mais à la vie éternelle.

Quel est ce chemin ? C’est celui de la foi. Croire en Dieu. Croire à sa Parole. Jésus ne cesse de le dire. Mais pas seulement de le dire, de le vivre concrètement lui-même. Ça va le conduire à la croix. Mais il croit, et il croit jusqu’à pouvoir mourir, donner sa vie - car dit-il, on ne la lui prend pas, c’est lui qui la donne. "Nul ne peut me l’enlever" (Jn 10, 18). Et s’il peut la donner entièrement, c’est parce qu’il croit. Il croit en Dieu son Père.


Jésus est donc crédible quand il propose la foi. Il est crédible, parce que Dieu l’a ressuscité. Sinon, comme le dit Paul, il serait le "plus à plaindre", le plus malheureux… Il se serait finalement trompé. Son chemin aurait été une impasse, il n’aurait pas conduit à la vie ! Le chemin emprunté par Jésus est le bon. C’est celui de la confiance en Dieu.


Ce chemin est donc celui de la foi, et non pas du savoir, ou de la science… Non pas que le savoir, la raison, la science, ou toutes les recherches entreprises par les hommes soient inutiles. Non, bien au contraire ! Mais que le plus important, ce qui mène à ce que nous attendons, à notre bonheur et celui des nôtres, c’est la foi. C’est de croire à la manière de Jésus. Comme il a cru. La foi est le cœur. Elle est le vrai désir de l’homme. Foi et raison, une vaste question ! La "résurrection" donne "raison". La résurrection donne raison à la foi. Croire est raisonnable, puisque c’est une réalité humaine : c’est la vie qui triomphe, qui est vainqueur. C’est une réalité, mais une réalité dans la foi, de la foi, qui ne l’empêche donc pas d’exister ! La résurrection elle-même - et c’est le paradoxe - n’est pas une "preuve" que Jésus a raison, parce que la résurrection ne peut pas être prouvée ; ça n’est pas une "preuve", c’est un "événement" auquel je suis invité à croire. Et le propre de l’événement, c’est qu’il vient changer la vie, la compléter, la réaliser… Ainsi pour accepter cet événement de la résurrection de Jésus, nous ne pouvons rien faire d’autre que d’y croire. Jésus le répète : "Ne crains pas, crois seulement" (Mc 5, 36). C’est donc à une réponse de foi que nous sommes appelés. Mais une réponse que la raison peut entendre : Jésus est vraiment ressuscité, il est le Christ. Jésus est dans la vérité. Pas de mensonges en lui. Le démon est le père du mensonge. C’est "Le menteur" par excellence, capable de nous faire "croire" n’importe quoi. Jésus ne sera pas tombé dans ses pièges. Jamais. Là aussi, c’est une preuve considérable pour lui faire confiance. On peut croire Jésus, car tout ce qu’il dit, tout ce qu’il propose est vrai. Devant Pilate, quelques heures avant sa mort, il ne cherche pas à sauver sa vie coûte que coûte, ni même à se sortir du piège mortel dans lequel les grands prêtres l’ont mis, mais il le renvoie à sa conscience pour qu’il pose un acte vrai, débarrassé de ses fausses raisons. Il lui dit alors paisiblement, sans orgueil ni provocation : "Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité" (Jn 18, 37).


Ce qu’il dit ou propose, ça n’est jamais en vue de sa gloire, mais pour celle de Dieu ; ça n’est jamais pour son avantage mais notre bonheur. Ce que "fait" Jésus ne lui rapporte rien ! Il n’en tire aucun bénéfice. Apparemment même, non seulement il ne gagne rien, mais il perd tout. Il en meurt même ! Il le savait bien puisqu’il disait : "Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle" (Jn 12, 25). Jésus ne triche pas et n’est pas naïf. Il vit ce qu’il croit, il fait ce qu’il dit. C’est pourquoi la résurrection de Jésus est pour nous comme la "signature" de Dieu - de même que la création est "signature de Dieu", elle dit son amour et sa présence. La résurrection se présente dorénavant à nous comme notre grande espérance. "Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi [Jésus] la trouvera" (Mt 16, 25). C’est vrai : Jésus est vraiment ressuscité. La résurrection absorbe la violence et l’engloutit. Cloué sur la croix, Jésus dit "Tout est accompli", "Entre tes mains, Père, je remets mon esprit". C’est librement et sans aucun ressentiment, qu’il meurt sur la croix. Sans révolte. Dans la paix. C’est de cette façon qu’il met fin à la violence qu’il a subie. En la prenant sur lui. C’est remarquable. Unique, peut-être. Sur lui, la violence n’a pas produit de violence. La haine n’a pas détruit son amour. Bien au contraire, elle l'a conduit à implorer le pardon : "Père, ils ne savent pas ce qu’ils font" (Luc 23, 34), pardonne-leur. Il est tourné vers son Père, tourné vers les autres. C’est en eux qu’il trouve sa raison d’être. Il peut exister et s’anéantir : s’oublier pour faire place à son Père. En mourant sur la croix, librement, sans ressentiment, Jésus met fin à la violence. Il est comme un "trou noir" vis-à-vis du mal : il l’absorbe et l’empêche de s’échapper. Sur la croix, il engloutit avec lui tout le mal qu’on lui fait en réussissant à ne pas en produire à son tour, à entrer dans cette spirale infernale de la violence. Pas d’appel à la vengeance, non plus, et pourtant il est mort sans avoir commis de mal.


Pierre disait de lui : "Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui" (Ac 10, 38). Jusque sur la croix où il prend sur lui le mal, le péché, l’absurde… Et là, il dit : "Tout est accompli". Pas d’appel à la vengeance auprès de celui qui l’a envoyé. Pas d’accusation, non plus. La "vengeance" de Dieu, c’est la résurrection de Jésus ; elle dit sa miséricorde. Le jugement de Dieu se découvre dans son pardon.

Ainsi, la façon dont Jésus s’y prend pour combattre le mal et l’injustice est la bonne. Suivre Jésus, vivre de sa résurrection, rend l’homme capable de travailler à la justice sans produire d’injustices. La vie, c’est aimer. La vie, c’est croire. La vie, c’est Jésus-Christ.

On ne perd pas la vie en mourant !

Le "vrai chemin de vie", c’est lui, c’est Jésus, celui que Dieu nous a envoyé pour nous sauver.

Il est vraiment ressuscité.


Amen. Alléluia !


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