Homélie du jeudi 23 septembre 2021 (Lc 9, 7-9)



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc


En ce temps-là,

Hérode, qui était au pouvoir en Galilée,

entendit parler de tout ce qui se passait

et il ne savait que penser.

En effet, certains disaient que Jean le Baptiste

était ressuscité d’entre les morts.

D’autres disaient :

« C’est le prophète Élie qui est apparu. »

D’autres encore :

« C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. »

Quant à Hérode, il disait :

« Jean, je l’ai fait décapiter.

Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? »

Et il cherchait à le voir.


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Hérode règne sur la Galilée, en bonne entente avec l’occupant romain. Il habite la ville de Tibériade, capitale de la Galilée [en illustration]. Beaucoup de rabbins et de juifs évitaient de se rendre à Tibériade, pour ne pas donner l’impression de s’intéresser à Hérode, à ses combines avec les romains et au luxe indécent dans lequel il vivait.


Mais Tibériade est à 16 kilomètres seulement de Capharnaüm, où se trouve la maison de Simon-Pierre et où Jésus est très actif. Alors, Hérode ne cesse d’entendre parler de Jésus et des miracles qu’il opère.


Hérode a besoin d’un miracle dans sa vie. Il a fait décapiter Jean le Baptiste alors qu’il savait que c’était un homme juste. Il est probable qu’Hérode en ait perdu le sommeil, comme Caïn qui disait après avoir tué son frère Abel : “Ma peine est trop lourde à porter” (Gn 4, 13). C’est probablement pour cette raison qu’Hérode aimait bien entendre que ce Jésus était Jean-Baptiste, revenu à la vie. Mais il veut en avoir le cœur net. Que Jésus soit Jean-Baptiste ou que Jésus soit un guérisseur, Hérode devrait pouvoir trouver en lui le repos de l’âme et un terme à ses nuits agitées.


Hérode finira par voir Jésus. Cela arrivera quelques mois plus tard, lors de son procès. Jésus est envoyé chez Hérode sur ordre de Pilate. L’évangile précise que Hérode fut “tout joyeux” de voir Jésus. Mais il ne s’intéresse pas à Jésus, à son procès, au risque de le voir condamné à mort. Hérode s’entête à lui demander un miracle, à son profit.


Jésus se tait. Hérode le rejette avec mépris, et la condamnation à mort de Jésus se fait de plus en plus certaine.


C'est un peu l'histoire, toutes proportions gardées, de nos propres ambiguïtés dans la recherche de Jésus. Si nous attendons seulement du Christ qu’il apaise notre conscience ou fasse des miracles pour nous, Jésus finira par se taire.


Jésus ne vient pas à nous en prestataire de service, comme le génie de la lampe d'Aladin. Il vient en quête d’amitié et de réciprocité. Il vient avec sa Parole, son message, mais comme Hérode, nous avons parfois du mal à l’écouter, nous cherchons simplement à le voir, et à le voir briller. C’est facile de passer à côté du Jésus qui nous parle de sa passion, de son sacrifice et de sa Pâque.


Comme auprès de toute personne qui souffre ou qui a souffert, nous pourrions commencer par écouter plutôt que de parler. Si nous parlons trop, Jésus ne répondra rien. Car toute sa réponse est déjà dans sa patience et sa passion, dans tout ce qu’il a donné pour le salut du monde. Son ultime message, son testament spirituel, c'est le don de lui-même dont l'Église fait mémoire à chaque Eucharistie : "Ceci est mon corps livré pour vous.”


Amen.


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