Homélie du mercredi 16 février 2022 (Jc 1, 19-27 ; Ps 14 ; Mc 8, 22-26)




Évangile de Jésus Christ selon saint Marc


En ce temps-là,

Jésus et ses disciples arrivèrent à Bethsaïde.

Des gens lui amènent un aveugle

et le supplient de le toucher.

Jésus prit l’aveugle par la main

et le conduisit hors du village.

Il lui mit de la salive sur les yeux

et lui imposa les mains.

Il lui demandait :

« Aperçois-tu quelque chose ? »

Levant les yeux, l’homme disait :

« J’aperçois les gens :

ils ressemblent à des arbres

que je vois marcher. »

Puis Jésus, de nouveau, imposa les mains

sur les yeux de l’homme ;

celui-ci se mit à voir normalement,

il se trouva guéri,

et il distinguait tout avec netteté.

Jésus le renvoya dans sa maison en disant :

« Ne rentre même pas dans le village. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


● C’est le seul endroit, dans l’évangile, où il est dit que Jésus s’y prend à plusieurs reprises pour accomplir un miracle.

Cela ne signifie pas que Jésus n’est pas très en forme ce jour-là. Bien au contraire. Il vient de multiplier les pains pour nourrir une foule immense et dans six jours, Pierre, Jacques et Jean le verront transfiguré sur la montagne. Jésus est en très grande forme en ce moment. Il est même au faîte de sa gloire.

Alors, si le Christ doit s’y reprendre à plusieurs reprises, c’est parce que notre guérison se fait par étapes. Rares sont les mécréants qui deviennent des saints simplement parce que Jésus est passé une fois dans leur vie. Changer de vie, cela se fait par étapes.


● 1ère étape : nous sommes aveugles, dit l’Évangile. Nous ne comprenons rien de la vie, que ce soit celle des autres, celle de Dieu ou la nôtre propre. Pour que la situation change, il faut “rejeter ce qui est sordide et rejeter tout débordement de méchanceté”. Voilà la première étape. C’est Saint Jacques qui le dit dans la première lecture (Jc 1, 21). C’est logique au fond. Rien ne peut sortir de bon de nous-mêmes si nous sommes immergés dans la mélasse. Avant d’aller plus loin, il faut nous dégager de la fosse à purin.

Et c’est d’abord là que le Christ agit. Tant que nous sommes boueux, la grâce de Dieu nous fait ressentir de la tristesse et de l’inconfort, afin que nous partions en quête d’une nouvelle vie. Il nous donne ensuite la force dont nous avons besoin pour mâter en nous “ce qui est sordide et tout débordement de méchanceté”.

Mais nous ne sommes pas arrivés pour autant. Nous commençons à apercevoir quelque chose de la vraie vie, mais ce n’est pas suffisant.


● 2ème étape : nous voyons tout avec netteté, dit l’Évangile. Nous voyons les autres comme ils sont, c’est-à-dire comme des enfants de Dieu, les créatures bien-aimées du Seigneur. Nous leur reconnaissons une dignité infinie. Nous les respectons et nous les aimons parce qu’ils sont pour nous comme un éclat lumineux de la présence même de Dieu. Nous voyons Dieu. Et nous nous voyons nous-mêmes “tel que nous sommes”, dit Saint Jacques, “comme dans un miroir” (Jc 1, 23). Enfin, nous nous apprécions nous-mêmes à notre juste valeur ; je réalise que je suis “Temple de l’Esprit Saint”, “Fils du Très-Haut”, le bien aimé du Seigneur.

Cette lucidité, c’est encore la grâce de Dieu qui nous la donne. Et elle commence à faire son office quand “nous accueillons dans la douceur la Parole de Dieu”. C’est encore Saint Jacques qui le dit. “Elle seule peut sauver nos âmes” (Jc 1, 21).

C’est logique au fond. Après être sortis de la mélasse, nos yeux peuvent enfin voir et comprendre.


● Mais nous ne sommes pas arrivés pour autant. Nous voyons tout avec netteté, mais ce n’est pas suffisant. 3ème étape : il vaut mettre en pratique la parole de Dieu. “Ne vous contentez pas de l’écouter. [...] Celui qui s’y tient, qui l’écoute non pour l’oublier, mais pour la mettre en pratique dans ses actes, celui-là sera heureux d’agir ainsi” (Jc 1, 25).

En revanche, celui qui oublie la Parole ressemble à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui aussitôt après s’en va en oubliant comment il était” (Jc 1, 23.24).

Là encore, c’est la grâce de Dieu qui nous donne de convertir nos mœurs, afin que nous vivions chaque jour en cohérence avec la Parole que nous avons reçue, heureux d’être les disciples et les apôtres du Christ par toute notre vie.


● Alors, Seigneur, nous te le demandons humblement. Ne nous laisse pas patauger dans la boue. Tire-nous de là, ouvre nos yeux à la beauté et à la grandeur de notre condition. Enfin, accorde-nous de vivre en enfants de Dieu, en hommes religieux.

“Qui fait ainsi demeure inébranlable” (Ps 14, 5).


Amen.

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