Homélie du jeudi 3 février 2022 (Mc 6, 7-13)




Évangile de Jésus Christ selon saint Marc


En ce temps-là,

Jésus appela les Douze ;

alors il commença à les envoyer en mission deux par deux.

Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,

et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route,

mais seulement un bâton ;

pas de pain, pas de sac,

pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.

« Mettez des sandales,

ne prenez pas de tunique de rechange. »

Il leur disait encore :

« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison,

restez-y jusqu’à votre départ.

Si, dans une localité,

on refuse de vous accueillir et de vous écouter,

partez et secouez la poussière de vos pieds :

ce sera pour eux un témoignage. »

Ils partirent,

et proclamèrent qu’il fallait se convertir.

Ils expulsaient beaucoup de démons,

faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades,

et les guérissaient.


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Selon la pyramide de Maslow, celle de nos besoins, nous devons d’abord honorer nos besoins physiologiques : respirer, boire, manger, dormir… Ensuite, nos besoins de sécurité : habiter un environnement stable et prévisible, sans anxiété ni crise. Sommes-nous en sécurité avec le Bon Dieu ?


Pour une part, oui. Dieu semble veiller sur son peuple. En première lecture, nous avons reçu le témoignage du roi David (1R 2, 1-4.10-12). Quand l’heure fut venue pour lui de mourir, il raconta à son fils Salomon combien le Seigneur avait pris soin de lui et l’avait gardé sur le trône d’Israël pendant quarante ans.


Dans la Bible, ce temps renvoie à celui passé par le peuple hébreu dans le désert où précisément le Seigneur a veillé sur son peuple, en l’abreuvant et en le nourrissant, en le soignant, en le protégeant des armées de Pharaon et de tous les dangers du désert. Quarante ans dans la Bible, c’est symboliquement la durée de notre propre traversée en ce monde, depuis le jour de notre naissance jusqu’à celui de notre mort. Tout au long de notre vie, Dieu prend soin de nous. C’est son amour prévenant qui nous offre la sécurité.


Cette conviction est au fondement de notre foi. Nous savons d’où nous venons, nous savons où Dieu nous mène, nous savons qu’il nous accompagne sur le chemin, qu’il est le chemin. A partir de là, toute assurance est permise. Comme le dit Saint Paul, “rien ne nous séparera de l’amour que le Père nous a prouvé en nous donnant son Fils”.


Mais Dieu qui nous a établis dans la sécurité est aussi celui qui nous en déloge. Car il ne permet pas que nous confondions certitude de foi et paresse spirituelle, assurance dans la foi et infantilisme, confiance filiale et abandon de nos tâches d’hommes. Dieu nous convoque à l’aventure. Il nous plonge dans un monde où il faut parfois naviguer à vue par temps de brouillard, discerner, oser, prendre des risques. Un monde où nous n’avons pas de pierre où reposer la tête, pour reprendre l’expression de Jésus.


Rien de sécurisant non plus dans le style que Jésus inculque à ses missionnaires : “Il les envoie deux par deux”. Dès le départ, il leur faut donc accepter le compagnonnage et le travail d’équipe. “Il ne doivent rien emporter pour la route” : pas de provisions ni même de sac pour les mettre, pas de caisse ou d’argent caché et le strict minimum pour l’habillement.


Au fond, Dieu nous donne la vraie sécurité, celle de fonder nos existences en son amour ; et il nous retire nos fausses sécurités, celles qui nous empêcheraient de risquer nos vies et d’avancer le cœur léger. Dieu nous donne la vraie sécurité et il nous ôte la fausse. Ainsi, la parole de Dieu nous ramène face au paradoxe chrétien : la foi est une sécurité, mais uniquement pour ceux qui acceptent l’aventure avec Dieu ; le projet de Dieu nous assure la paix, mais le repos ne nous sera donné qu’au-delà de la mort ; le Christ est un Rocher, mais l’eau n’en jaillit que pour un peuple en marche.


Amen.


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