Homélie du mercredi 11 mai 2020 (Jn 12, 44-50)




Évangile de Jésus Christ selon saint Jean


En ce temps-là,

Jésus s’écria :

« Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit,

mais en Celui qui m’a envoyé ;

et celui qui me voit

voit Celui qui m’a envoyé.

Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde

pour que celui qui croit en moi

ne demeure pas dans les ténèbres.

Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle,

moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde,

mais le sauver.

Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles

aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée :

c’est elle qui le jugera au dernier jour.

Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé :

le Père lui-même, qui m’a envoyé,

m’a donné son commandement

sur ce que je dois dire et déclarer ;

et je sais que son commandement est vie éternelle.

Donc, ce que je déclare,

je le déclare comme le Père me l’a dit. »


– Acclamons la Parole de Dieu.



Homélie


Nous sommes ici au chapitre 12 de l’Évangile selon Saint Jean. Un chapitre qui clôture ce qu’on appelle “le livre des signes”, parce que Jean y raconte tous les signes, tous les miracles que Jésus a accomplis afin que le monde croie en lui. Et la conclusion est un peu triste - nous sommes au verset 37 : “Alors qu’il avait fait tant de signes devant eux, certains ne croyaient pas en lui.” Pourquoi est-il si difficile de croire en Jésus même quand on l’a sous les yeux ? Même quand on le voit nourrir les foules, guérir les malades et même ressusciter les morts ? Pourquoi cette incrédulité, cette résistance à croire ?


Pour nous le faire comprendre, Jésus se compare à la lumière. La lumière, c’est ce qui nous permet de voir le monde et de le comprendre. C’est elle qui nous donne accès à la vérité et à la beauté. Ainsi fait le Christ : il ouvre nos yeux à la vérité. Il met devant nos yeux ce qui est vrai. C’est lui qui nous révèle que nous sommes nés du Père et que nous retournons à lui. C’est lui qui nous montre le sens de tout ce que nous vivons en ce bas monde. C’est lui qui fait la lumière sur toute notre vie.


Mais la lumière ne fait pas qu’éclairer, elle éblouit. Quand nos yeux ne sont pas habitués à la lumière, ils craignent la lumière. Nous préférons fermer les paupières, ne pas fixer la lumière mais rester dans l’ombre, au moins pour un temps. Ce n’est que progressivement que nous nous habituons à la lumière. Il nous faut du temps avant d’ouvrir tout grands les yeux quand nous sommes en pleine lumière.


Avec Jésus, c’est pareil. Certes, c’est lui qui nous donne de voir toutes choses en vérité. Mais justement, cette vérité nous fait mal, au début. Car ce que l’on voit en premier, c’est notre ignorance, notre rejet, nos compromissions, notre péché. Alors, nous nous disons qu’il est plus facile de vivre à distance de Jésus, sans avoir à supporter la vision de ce qui est moche en nous.


Ne soyons donc pas étonnés que des hommes, aujourd’hui encore, craignent la lumière et refusent de vivre dans un monde où Dieu existe et nous parle en son Fils Jésus. Ne soyons pas étonnés non plus de nos propres résistances et de la lenteur de nos progrès spirituels. Jésus sait tout cela. Comme il le dit lui-même : “J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais je sais que pour l’instant vous ne pouvez pas les porter” (Jn 16, 12).


Alors, réjouissons-nous de ce que Jésus avance avec chacun de nous à tout petits pas. Ne nous plaignons pas trop de ne pas être déjà de grands saints. Le Christ avance au rythme que lui impose notre faiblesse. Mais si nous lui faisons confiance, nous le verrons de mieux en mieux. Jusqu’au jour où nous le verrons tel qu’Il est, et nous serons semblables à Lui (1Jn 3, 2).


Amen.

29 vues

Le blog paroissial

Favicon